# Croisière et pêche en mer : comment pratiquer dans le respect des règles locales

La pêche de loisir en mer attire chaque année environ 2,5 millions de pratiquants en France, faisant de cette activité l’un des loisirs nautiques les plus prisés sur nos côtes. Que vous naviguiez en Méditerranée, dans l’Atlantique ou en Manche, cette passion pour la mer s’accompagne d’une responsabilité essentielle : celle de respecter un cadre réglementaire strict destiné à préserver les ressources halieutiques et protéger la biodiversité marine. Les règles encadrant la pêche récréative sont nombreuses et varient considérablement selon les zones géographiques, les espèces ciblées et les techniques employées. Comprendre ces obligations n’est pas seulement une question de conformité légale, c’est aussi adopter une démarche écoresponsable qui garantit la pérennité de nos écosystèmes marins pour les générations futures.

Réglementation maritime française et zones de navigation pour la pêche récréative

Le cadre juridique français encadrant la pêche de loisir en mer repose sur une architecture complexe de textes réglementaires qui définissent précisément où et comment vous pouvez pratiquer votre activité. Cette réglementation s’articule autour de plusieurs notions fondamentales qu’il est indispensable de maîtriser avant de larguer les amarres.

Délimitation des eaux territoriales et zones économiques exclusives (ZEE)

Les eaux territoriales françaises s’étendent jusqu’à 12 milles nautiques (environ 22 kilomètres) à partir des lignes de base côtières. Au-delà, jusqu’à 200 milles nautiques, s’étend la zone économique exclusive où la France exerce des droits souverains sur les ressources naturelles. Pour vous, pêcheur plaisancier, ces délimitations revêtent une importance capitale car elles déterminent l’application des règles françaises. Dans les eaux territoriales, la réglementation nationale s’applique intégralement, tandis que dans la ZEE, certaines dispositions spécifiques peuvent prévaloir. Il est essentiel de noter que ces limites maritimes ne sont pas toujours visibles sur l’eau, d’où l’importance de consulter vos cartes marines SHOM avant chaque sortie. Les zones de pêche sont également définies par le système CIEM (Conseil International pour l’Exploration de la Mer), qui divise les eaux européennes en secteurs numérotés comme la zone 7 pour la Manche-Mer du Nord ou la zone 8 pour le Golfe de Gascogne.

Distinction entre pêche de loisir et pêche professionnelle selon le décret n°90-618

Le décret n°90-618 établit une frontière juridique claire entre ces deux pratiques. La pêche de loisir se caractérise par son caractère récréatif ou sportif, et surtout par l’interdiction absolue de commercialiser vos prises. Le produit de votre pêche doit être exclusivement destiné à votre consommation personnelle et familiale. Cette distinction n’est pas qu’administrative : elle conditionne l’ensemble des obligations qui s’imposent à vous, notamment en termes d’équipements autorisés, de quotas et de zones de pratique. Contrairement aux professionnels qui doivent détenir une licence et respecter des obligations déclaratives permanentes, vous bénéficiez d’une réglementation simplifiée mais néanmoins stricte. La pratique du no-kill, consistant à relâcher immédiatement les poissons capturés, est également reconnue comme une forme de pêche de loisir et s’inscrit dans une démarche de préservation des ressources.

Permis de navigation côtier et hauturier : obligations légales

Pour combiner croisière et pêche en mer en toute légalité, vous devez d’abord disposer du permis de navigation adapté à votre zone de pratique. Le permis côtier est obligatoire pour conduire un navire de plaisance à moteur de plus de 6 CV au-delà de 2 milles d’un abri et jusqu’à 6 milles, tandis que le permis hauturier permet de s’éloigner sans limite de distance d’un abri. Même si la réglementation de la pêche de loisir ne dépend pas directement du type de permis, ces titres conditionnent vos possibilités de navigation et donc l’accès à certains secteurs de pêche.

En pratique, un plaisancier qui souhaite cibler les espèces pélagiques au large (comme le thon rouge dans l’Atlantique ou en Méditerranée) sera quasi systématiquement concerné par le permis hauturier. À bord, le chef de bord reste pénalement responsable du respect de la réglementation maritime et halieutique : matériel de sécurité, affichage des règles essentielles, connaissance des signaux VHF, mais aussi conformité des engins de pêche et des captures. Naviguer sans permis ou hors du champ de validité de son permis, tout en pratiquant la pêche, expose à un cumul de sanctions maritimes et de sanctions liées à la pêche.

Zones interdites à la pêche : parcs marins et réserves naturelles

La France dispose d’un réseau dense d’aires marines protégées : parcs nationaux (Port-Cros, Calanques), parcs naturels marins, réserves naturelles et sites Natura 2000. Dans certains de ces espaces, la pêche de loisir est totalement interdite, tandis que dans d’autres, elle est simplement encadrée (quotas renforcés, engins limités, périodes de fermeture spécifiques). Il ne suffit donc pas de vérifier la météo avant de sortir : vous devez impérativement contrôler si votre zone de mouillage ou de dérive se situe à l’intérieur d’une zone protégée.

En Méditerranée, par exemple, des secteurs entiers sont classés en zone de non-prélèvement où toute capture de poisson ou de coquillage est proscrite, même pour un simple loisir. En Atlantique ou en Manche, certaines zones peuvent être interdites pour protéger les frayères ou les herbiers sensibles. Les cartes SHOM, les arrêtés préfectoraux affichés en capitainerie et les sites des directions interrégionales de la mer (DIRM) sont vos meilleurs alliés pour éviter une infraction involontaire. En cas de doute, mieux vaut se décaler de quelques encablures plutôt que de risquer une verbalisation et de fragiliser un écosystème déjà sous pression.

Licences et autorisations obligatoires selon les régions maritimes

La pêche en mer est une activité libre d’accès, mais elle n’est pas pour autant dépourvue de formalités. Selon votre zone de navigation (Méditerranée, Atlantique, Manche-Mer du Nord, outre-mer) et les espèces ciblées, vous pouvez être soumis à des obligations d’enregistrement et à des autorisations spécifiques. Ces dispositifs répondent à un objectif précis : mieux connaître l’effort de pêche de loisir et protéger les espèces sensibles, souvent déjà très exploitées par la pêche professionnelle.

Carte de pêche en mer des affaires maritimes : procédure d’obtention

Contrairement à la pêche en eau douce, il n’existe pas de « carte de pêche » unique et obligatoire pour toute la pêche de loisir en mer. En revanche, certaines pêches particulières, comme la pêche de loisir du thon rouge ou de l’espadon, nécessitent une autorisation délivrée par l’administration (via les téléservices des Affaires maritimes). Cette autorisation est nominative, gratuite ou peu coûteuse, et limitée dans le temps. Elle fixe clairement vos droits : périodes autorisées, nombre de prises, obligation de marquage et de déclaration de débarquement.

Au niveau européen, un système d’enregistrement harmonisé, centré sur les espèces « sensibles », se généralise progressivement. L’application RecFishing, pilotée par la Commission européenne, doit à terme devenir la porte d’entrée pour déclarer votre activité de pêche de loisir et vos captures de certaines espèces. À la date de vérification des informations, son déploiement complet a pris du retard, ce qui a entraîné un report de l’obligation de déclaration. Mais il est d’ores et déjà recommandé de vous informer régulièrement, car ces obligations deviendront la norme dans les prochaines années.

Déclarations préalables auprès des DIRM méditerranée, atlantique et Manche-Mer du nord

À partir de l’entrée en vigueur complète du dispositif européen, la pêche de loisir de certaines espèces sensibles (bar, lieu jaune, thon rouge, dorade rose, dorade coryphène…) sera soumise à une déclaration préalable d’activité et à une déclaration journalière des captures. Dans les zones CIEM 7 (Manche – Mer du Nord) et 8 (Golfe de Gascogne), les pêcheurs de loisir de 16 ans et plus devront s’enregistrer chaque 12 mois s’ils ciblent ces espèces. En Méditerranée, tous les pêcheurs de loisir de 16 ans et plus, à l’exception des pêcheurs à pied, seront concernés par cette obligation d’enregistrement, quelle que soit l’espèce recherchée.

Dans certains parcs marins méditerranéens, un dispositif local existe déjà, comme l’application Catchmachine. Si vous pêchez dans ces secteurs, vous devez suivre les procédures imposées par la DIRM Méditerranée et par le gestionnaire de l’aire marine protégée. En dehors de ces zones, RecFishing deviendra la référence, permettant d’enregistrer votre sortie de pêche et de déclarer, avant 23h59 le jour même, le nombre de poissons conservés et relâchés. Cela peut sembler contraignant, mais rappelez-vous que ces données servent directement à ajuster les mesures de gestion et à éviter des interdictions plus drastiques.

Autorisations spécifiques pour la corse et les territoires d’Outre-Mer

La Corse bénéficie, comme souvent en matière maritime, de règles adaptées à ses spécificités écologiques et à la pression de pêche locale. Certaines espèces emblématiques, comme les mérous ou les corbs, y sont strictement protégées ou très encadrées. Avant de pratiquer la pêche de loisir autour de l’Île de Beauté, prenez le temps de consulter le site de la préfecture maritime et celui de la DIRM Méditerranée : vous y trouverez les listes d’espèces interdites, les tailles minimales renforcées et les secteurs de non-prélèvement.

En outre-mer, la situation est différente : à ce jour, aucune espèce n’est officiellement classée comme « sensible » au sens du nouveau cadre européen, et il n’existe donc pas encore d’obligation systématique d’enregistrement via RecFishing pour les pêcheurs de loisir. Cela ne signifie pas pour autant que la pêche y est « libre de droit » : chaque territoire (Antilles, Réunion, Polynésie, Nouvelle-Calédonie…) possède sa propre réglementation, souvent très stricte sur les espèces coralliennes, les requins, les raies ou les tortues marines. Là encore, la consultation préalable des services de l’État et des gestionnaires d’aires marines protégées est indispensable.

Réglementation des eaux étrangères : espagne, italie et baléares

Votre croisière de plaisance vous emmène parfois au-delà des eaux françaises, vers l’Espagne, l’Italie ou les Baléares. Dans ce cas, c’est la règle du pavillon et de l’État côtier qui s’applique : vous restez soumis à certaines obligations françaises, mais vous devez surtout respecter la réglementation du pays dans lequel vous pêchez. Dans de nombreux États, une licence de pêche de loisir est obligatoire, même pour quelques jours de vacances, et son absence peut entraîner la confiscation du matériel et de lourdes amendes.

En Espagne, les communautés autonomes (Catalogne, Andalousie, Baléares, etc.) définissent leurs propres exigences : licence régionale, enregistrement du navire, zones interdites, tailles minimales parfois différentes des normes françaises. En Italie, la déclaration en ligne de votre activité de pêche récréative est souvent requise, même en l’absence de redevance. Avant de jeter vos lignes dans les eaux étrangères, prenez donc le réflexe de vérifier les informations sur les sites officiels des ministères de la mer ou des affaires maritimes du pays concerné. En cas de contrôle, l’argument « je ne savais pas » ne vous protégera pas.

Quotas de capture et tailles minimales réglementaires par espèce

Au-delà des autorisations et enregistrements, la réglementation française de la pêche de loisir repose sur un principe clé : ne prélever que ce que le milieu peut supporter. Cela se traduit concrètement par des tailles minimales de capture, des quotas journaliers et des périodes de fermeture propres à certaines espèces. Respecter ces règles, c’est à la fois une obligation légale et un geste simple pour assurer le renouvellement des populations de poissons.

Tableau des tailles légales : bar, daurade, thon rouge et espèces protégées

Les tailles minimales de capture en mer sont définies par l’arrêté du 26 octobre 2012, complété par des mesures européennes et régionales. Pour le pêcheur plaisancier, ces valeurs doivent devenir des repères automatiques : un bar de moins de 42 cm, par exemple, doit être immédiatement remis à l’eau, même s’il est bien accroché. De la même façon, certaines espèces protégées — comme la grande nacre, plusieurs espèces de mérous ou certaines raies — ne doivent jamais être conservées, quelle que soit leur taille.

Espèce Zone principale Taille minimale indicative*
Bar européen (Dicentrarchus labrax) Manche – Atlantique 42 cm
Dorade royale (Sparus aurata) Méditerranée – Atlantique 23-25 cm (selon zone)
Thon rouge (Thunnus thynnus) Atlantique – Méditerranée Règles spécifiques par poids/taille
Lieu jaune (Pollachius pollachius) Manche – Golfe de Gascogne 35 cm (variable)

*Les valeurs exactes et à jour doivent être vérifiées dans l’arrêté du 26 octobre 2012 et les textes européens applicables.

Limites quantitatives journalières et saisonnalité des captures

Au-delà de la taille, la réglementation fixe des limites de captures par jour et par pêcheur pour certaines espèces. Le thon rouge, par exemple, est soumis à des quotas très stricts, souvent d’un seul individu par jour et par navire dans le cadre de la pêche de loisir, avec des périodes d’ouverture limitées. Le bar peut être soumis à des plafonds saisonniers (un certain nombre de poissons par jour, ou par mois, voire une interdiction totale de prélèvement pendant la période de reproduction dans certaines zones).

Pourquoi ces restrictions ? Parce que certaines espèces ont une croissance lente et une maturité sexuelle tardive : un bar ou un mérou mis plusieurs années à atteindre la taille légale, un peu comme un arbre fruitier qu’il serait absurde de couper dès qu’il porte ses premiers fruits. En limitant volontairement vos prélèvements à votre consommation familiale, vous participez à cet effort collectif. En croisière, où la capacité de stockage du froid est limitée, cette approche « pêcher pour manger, pas pour remplir le congélateur » est à la fois pragmatique et responsable.

Espèces soumises à interdiction temporaire ou permanente

Certaines espèces sont protégées de manière permanente : il est tout simplement interdit de les capturer, de les détenir à bord ou de les débarquer. C’est le cas, par exemple, de la grande nacre en Méditerranée, de plusieurs espèces de mérous, de certaines raies et de mammifères marins bien entendu. D’autres espèces font l’objet d’interdictions temporaires pendant leur période de reproduction ou en fonction de l’état de leur stock.

Ces interdictions peuvent varier d’une façade maritime à l’autre et évoluer d’une année sur l’autre en fonction des recommandations scientifiques (Ifremer, Conseil international pour l’exploration de la mer, etc.). Avant chaque saison, prenez donc l’habitude de consulter les listes actualisées publiées par le ministère chargé de la mer et les DIRM. Pêcher une espèce interdite, même par méconnaissance, peut entraîner la saisie du matériel et une amende significative.

Utilisation du réglet de mesure et méthodes de vérification conformes

Sur un bateau de croisière, le réglet de mesure est aussi indispensable qu’un gilet de sauvetage. Il permet de vérifier immédiatement la taille d’un poisson à bord, avant même de le mettre en vivier ou en glacière. La méthode officielle consiste à mesurer la longueur totale de l’animal, de l’extrémité du museau jusqu’à l’extrémité de la nageoire caudale, sans étirer de manière artificielle le corps du poisson. Un réglet fixé sur le pont, près du vivier, ou directement sur le couvercle d’une glacière, est souvent la solution la plus pratique.

En cas de doute, adoptez toujours une règle simple : si le poisson est proche de la limite légale, relâchez-le. Cette marge de sécurité vous protège en cas de contrôle en mer et améliore vos pratiques en termes de conservation des ressources. Pensez également au marquage obligatoire (section de la partie inférieure de la nageoire caudale) dès la mise à bord pour certaines espèces : ce geste, rapide, permet de distinguer clairement vos prises de loisir de celles d’un professionnel et évite toute suspicion de revente illégale.

Équipements et techniques de pêche autorisés en navigation de plaisance

La réglementation française encadre précisément les engins de pêche que vous pouvez embarquer et utiliser à bord d’un navire de plaisance. L’objectif est simple : éviter que la pêche de loisir ne se transforme en pêche quasi-professionnelle, avec des moyens de capture massifs incompatibles avec l’esprit récréatif. Savoir quels outils sont autorisés — et dans quelles limites — fait donc partie du bagage de base de tout plaisancier pêcheur.

Nombre maximum de lignes et hameçons selon l’arrêté du 17 mai 2011

L’arrêté du 17 mai 2011 fixe un cadre national pour la pêche de loisir embarquée. À bord d’un navire de plaisance, vous pouvez utiliser des lignes gréées pour un maximum de 12 hameçons au total, en comptant chaque leurre comme un hameçon, sauf dispositions locales plus restrictives. Vous pouvez également disposer de deux palangres de 30 hameçons chacune, de deux casiers, d’une épuisette, d’une foëne et de quelques engins spécifiques selon la façade (filet trémail sous conditions en Manche-Atlantique, grappette à dents en Méditerranée, etc.).

Pour autant, gardez à l’esprit que ces plafonds ne sont pas des objectifs à atteindre systématiquement. Multiplier les lignes et les hameçons complique la manœuvre, augmente les risques d’emmêlage et peut conduire à des captures excessives par rapport à vos besoins réels. En croisière, une ou deux cannes bien utilisées, associées à une traîne légère ou à une pêche au leurre, suffisent largement à agrémenter vos escales de quelques repas de poissons frais.

Interdictions des filets maillants, palangres et casiers pour plaisanciers

Certains engins de pêche, très efficaces, sont fortement restreints, voire interdits, pour la pêche de loisir. Les filets maillants, par exemple, ne peuvent être utilisés que dans des conditions très encadrées en Manche-Atlantique, et sont interdits dans de nombreuses zones pour les plaisanciers. Les engins de remontée mécanisés (vire-casiers, vire-filets, treuils hydrauliques) sont également proscrits à bord des navires de plaisance, à l’exception de petits vire-lignes ou moulinets électriques limités en puissance.

Dans les faits, si vous équipez votre bateau comme un petit chalutier, c’est probablement que vous sortez du cadre de la pêche de loisir. La loi impose par ailleurs un marquage clair de tous les engins dormants (filets, casiers, nasses, palangres) utilisés pour la pêche amateur : étiquettes durables, dimensions minimales, marquage sur les bouées et sur l’engin lui-même afin de pouvoir identifier le propriétaire. Ce marquage contribue à limiter les conflits d’usage avec les professionnels et à éviter l’abandon d’engins fantômes particulièrement néfastes pour la faune marine.

Matériel homologué : cannes, moulinets et normes de sécurité

Si les cannes, moulinets et leurres ne sont pas soumis à une homologation aussi stricte que le matériel de sécurité, vous devez néanmoins veiller à utiliser des équipements adaptés à la navigation en mer. Une canne trop légère ou un moulinet mal entretenu peuvent céder au moment le plus délicat, avec à la clé un risque de blessure ou de chute à bord. Préférez des équipements conçus pour l’eau salée, avec une bonne résistance à la corrosion et un frein progressif suffisamment puissant pour encaisser les rushs d’un gros poisson.

Côté sécurité, le matériel de pêche ne doit jamais entraver l’accès aux équipements vitaux : gilets de sauvetage, radeau, extincteurs, VHF. Rangez systématiquement vos cannes dans des porte-cannes sécurisés et évitez de laisser traîner des hameçons armés sur le pont, surtout si vous naviguez avec des enfants. Une règle simple peut vous guider : à bord, tout objet tranchant ou piquant doit être soit en action, soit rangé, jamais en attente au milieu du passage.

Protocoles de contrôle en mer par les affaires maritimes et la gendarmerie maritime

Même en croisière de plaisance, vous pouvez être contrôlé à tout moment par les services de l’État : Affaires maritimes, Gendarmerie maritime, Douanes, voire par les agents des réserves naturelles. Ces contrôles ont un double objectif : vérifier la sécurité du navire et le respect de la réglementation de la pêche. Les anticiper et préparer les documents nécessaires permet de transformer ce moment potentiellement stressant en simple formalité.

Déroulement d’une inspection à bord et documents obligatoires à présenter

Lors d’un contrôle en mer, les agents se présentent, montent à bord avec votre accord (ou sur injonction en cas d’infraction flagrante) et procèdent à une série de vérifications. Ils peuvent vous demander votre permis plaisance, les papiers du bateau (titre de navigation, attestation d’assurance), la dotation de sécurité réglementaire et, s’agissant de la pêche, vos engins, vos captures et, le cas échéant, vos autorisations de pêche spécifiques (par exemple pour le thon rouge) ou vos justificatifs d’enregistrement via une application officielle.

Ils peuvent également vérifier le marquage des poissons, la taille des captures et la présence éventuelle d’espèces interdites à bord. Un contrôle se déroule généralement dans le calme, à condition que le chef de bord coopère et présente spontanément les éléments demandés. Pensez à conserver vos autorisations (numéro d’enregistrement, mail de confirmation, captures d’écran d’applications) dans un dossier facilement accessible, au format numérique et, si possible, imprimé.

Sanctions pénales et amendes forfaitaires pour infractions de pêche

Le non-respect des règles de la pêche maritime de loisir peut entraîner des sanctions administratives et pénales significatives. Selon la gravité des faits (pêche d’une espèce protégée, dépassement de quotas, absence d’autorisation, utilisation d’engins interdits), les amendes peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros, voire 22 500 € dans certains cas, assorties de la confiscation du matériel et des captures. Chaque infraction peut être sanctionnée séparément : plusieurs manquements lors d’un même contrôle peuvent donc aboutir à un cumul d’amendes.

Les manquements aux obligations déclaratives — par exemple l’absence de déclaration de captures d’espèces sensibles dans les délais impartis — sont également réprimés, conformément au Code rural et de la pêche maritime. En cas de récidive ou d’infraction grave, l’administration peut prononcer des sanctions administratives complémentaires, comme la suspension d’une autorisation de pêche de loisir pour le thon rouge. En d’autres termes, respecter la réglementation n’est pas seulement un geste pour la biodiversité, c’est aussi la meilleure façon de préserver votre budget loisirs.

Procédure de signalement via l’application Fish&Click

Au-delà des contrôles officiels, les pouvoirs publics encouragent les pêcheurs de loisir à devenir de véritables sentinelles de la mer. Des outils numériques, comme l’application de type Fish&Click ou des plateformes participatives, permettent de signaler vos captures, d’indiquer la présence d’espèces sensibles, d’alerter sur des pollutions ou des engins perdus. Ces signalements complètent les déclarations obligatoires et enrichissent les bases de données scientifiques utilisées pour gérer les stocks halieutiques.

En pratique, ces applications fonctionnent un peu comme un carnet de pêche numérique : vous indiquez la date, la zone, l’espèce, la taille et parfois la technique utilisée. Ces informations, anonymisées et agrégées, aident les chercheurs et les gestionnaires à comprendre l’évolution des populations. Vous transformez ainsi chaque sortie de pêche en un « échantillon » précieux pour la connaissance du milieu, sans effort supplémentaire majeur. Une façon simple de rendre à la mer une petite partie de ce qu’elle vous offre.

Pratiques écoresponsables et conservation des ressources halieutiques

Respecter la réglementation est un socle, mais aller plus loin dans une démarche écoresponsable vous permet de concilier plaisir de la pêche et respect du milieu marin. La mer n’est pas un simple terrain de jeu : c’est un écosystème complexe où chaque geste compte. En adoptant quelques réflexes simples, vous pouvez réduire votre impact sur les habitats, limiter le stress infligé aux poissons et contribuer à la préservation des ressources pour les générations futures.

Commencez par cibler des tailles supérieures au minimum légal : viser un « format cuisine » plutôt qu’un poisson à peine maillé permet à un plus grand nombre d’individus d’atteindre la maturité sexuelle. Privilégiez le pêcher-relâcher lorsque vous avez déjà de quoi nourrir l’équipage, en manipulant les poissons avec les mains mouillées, en évitant de les maintenir trop longtemps hors de l’eau et en utilisant des hameçons simples, idéalement sans ardillon. Vous réduirez ainsi considérablement la mortalité post-relâcher.

Sur le plan environnemental, veillez à ne laisser aucun déchet à la mer : fils de pêche, leurres cassés, emballages plastiques ou mégots sont autant de pièges pour la faune. Choisissez des produits d’entretien écologiques pour votre bateau, évitez de jeter vos eaux usées au mouillage et ancrez-vous de préférence sur le sable plutôt que dans les herbiers de posidonies ou sur les coraux. Chaque ancre arrachée d’un herbier, c’est un petit morceau de nurserie pour poissons qui disparaît, un peu comme si l’on déracinait un arbre dans une forêt déjà fragilisée.

Enfin, restez à l’écoute des évolutions réglementaires et scientifiques. Les règles de la pêche de loisir en mer évoluent rapidement, au rythme des constats sur l’état des stocks. En vous tenant informé, en dialoguant avec les professionnels de la mer et en partageant vos observations (captures atypiques, espèces invasives, mortalités anormales), vous devenez un acteur à part entière de la gestion durable du littoral. Croisière et pêche en mer peuvent ainsi rimer avec responsabilité, pour que la mer demeure un espace vivant, généreux et accessible à tous.