# Croisière autour de la péninsule ibérique : entre Portugal et sud de l’EspagneLa péninsule ibérique déploie sur ses côtes atlantiques et méditerranéennes un patrimoine maritime exceptionnel qui attire chaque année des milliers de navigateurs et de croisiéristes. Entre les falaises dorées de l’Algarve, les ports historiques d’Andalousie et le mythique détroit de Gibraltar, cette région offre une combinaison rare de beautés naturelles, de richesses culturelles et de conditions nautiques variées. La navigation circumibérique constitue une aventure maritime complète qui permet de découvrir deux pays, deux cultures et plusieurs écosystèmes marins remarquables, tout en profitant d’une gastronomie exceptionnelle et d’un climat généralement favorable. Que vous envisagiez une croisière organisée ou une navigation en autonomie, cette zone maritime présente des caractéristiques techniques et des attraits touristiques qui méritent une préparation approfondie.## Itinéraires maritimes circumibériques : de Lisbonne à Cadix via le détroit de Gibraltar

La circumnavigation de la péninsule ibérique occidentale représente un voyage maritime d’environ 500 à 600 milles nautiques selon les escales choisies. Cette navigation combine des segments côtiers relativement protégés le long de l’Algarve avec des passages plus exposés, notamment lors du franchissement du cap São Vicente et de la traversée du détroit de Gibraltar. Les croisiéristes peuvent adapter leur itinéraire selon leur niveau d’expérience, leur temps disponible et les conditions météorologiques saisonnières.

L’itinéraire classique débute généralement à Lisbonne, capitale portugaise bénéficiant d’infrastructures portuaires modernes et d’un accès facilité depuis l’estuaire du Tage. De là, les navigateurs progressent vers le sud en longeant la côte atlantique, multipliant les escales pittoresques jusqu’à atteindre les eaux plus calmes de la Méditerranée après avoir franchi le détroit. Cette configuration permet d’apprécier la diversité des paysages maritimes ibériques tout en bénéficiant d’une progression logique adaptée aux conditions météorologiques dominantes.

### Navigation côtière le long de l’Algarve : Lagos, Portimão et Faro

La côte algarvienne s’étend sur environ 150 kilomètres entre Lagos et Vila Real de Santo António, offrant une succession de mouillages abrités et de ports bien équipés. Cette portion du littoral se caractérise par ses formations rocheuses spectaculaires, ses grottes marines et ses plages de sable fin qui contrastent avec l’arrière-pays vallonné. Les conditions de navigation y sont généralement favorables entre avril et octobre, avec des vents dominants de nord-ouest d’intensité modérée.

Lagos constitue traditionnellement la première escale majeure après avoir quitté la région de Lisbonne. Cette ville historique, point de départ des grandes expéditions maritimes portugaises du XVe siècle, dispose d’une marina moderne de 462 places offrant tous les services nécessaires aux plaisanciers. Portimão, située à l’embouchure de la rivière Arade, propose un accès direct à la vieille ville et à ses nombreux restaurants spécialisés dans les sardinhas assadas. Faro, capitale administrative de l’Algarve, sert de porte d’entrée au parc naturel de Ria Formosa, un système lagunaire exceptionnel abritant une biodiversité remarquable.

### Traversée du golfe de Cadix : mouillages à Tarifa et Puerto de Santa María

Après avoir contourné le cap São Vicente, point le plus occidental de l’Algarve et de l’Europe continentale, les navigateurs entrent dans le golfe de Cadix. Cette zone maritime marque la transition entre l’océan Atlantique et la mer Méditerran

erranée. La traversée vers la baie de Cadix s’effectue en general en 18 à 24 heures depuis l’Algarve selon le point de départ et la vitesse du navire. Deux escales se distinguent particulièrement : Tarifa, exposée aux vents mais idéale pour observer le trafic du détroit, et Puerto de Santa María, port plus abrité au fond de la baie, apprécié des croisières côtières pour son ambiance andalouse authentique.

Tarifa, située sur le point le plus méridional de l’Europe continentale, offre un mouillage technique, soumis aux vents forts de levante et de poniente. Il séduit néanmoins par sa vue directe sur la côte marocaine et son atmosphère de ville blanche fortifiée. Plus au nord, Puerto de Santa María propose des installations portuaires plus calmes, un accès facile à Cadix par bateau-bus et une offre riche en restaurants de pescaíto frito et de vins de Jerez. Pour une croisière autour de la péninsule ibérique, alterner entre ces deux escales permet de conjuguer intérêt nautique et découverte culturelle.

Escales andalouses majeures : séville via le guadalquivir et huelva

Accéder à Séville par voie fluviale constitue l’un des temps forts d’une croisière circumibérique. Le Guadalquivir, seul grand fleuve espagnol véritablement navigable, permet de remonter jusqu’au cœur historique de la capitale andalouse à bord de navires de croisière fluviale ou de yachts de taille modérée. La navigation s’effectue en général depuis Sanlúcar de Barrameda ou Puerto de Bonanza, sur une distance d’environ 50 à 60 milles nautiques, en suivant un chenal balisé soumis à des contraintes de tirant d’eau et de marée.

Séville offre une combinaison unique de patrimoine culturel et d’infrastructures dédiées aux croisières, avec un quai urbain permettant un débarquement direct à proximité de l’Alcázar et de la cathédrale. Plus à l’ouest, le port de Huelva, situé à l’embouchure conjointe des fleuves Tinto et Odiel, joue un rôle complémentaire pour les croisières maritimes. Il dispose d’un port de commerce et de marinas de plaisance, et constitue un point de départ pratique pour les excursions vers le parc national de Doñana ou vers les sites colombins liés aux expéditions de Christophe Colomb. Intégrer Séville et Huelva à un itinéraire de croisière autour de la péninsule ibérique permet donc de varier les approches, entre navigation côtière, fluviale et escales culturelles.

Conditions nautiques du détroit de gibraltar : courants, vents de levante et trafic maritime

Le détroit de Gibraltar représente l’un des passages les plus techniques d’une croisière autour de la péninsule ibérique. Large d’environ 7 à 14 milles nautiques selon les points, il concentre des courants puissants et un trafic maritime intense entre Atlantique et Méditerranée. Les courants de surface, généralement orientés vers l’est, peuvent atteindre 2 à 3 nœuds, voire davantage lors de conditions particulières, ce qui impose une planification précise des horaires de passage pour les unités de plaisance et les petits navires de croisière.

Les vents dominants, notamment le levante (vent d’est) et le poniente (vent d’ouest), façonnent l’expérience de navigation dans le détroit. Le levante, parfois fort et persistant, peut générer une mer courte et inconfortable, ainsi que des phénomènes de brouillard. Le poniente, plus frais et stable, offre souvent une visibilité meilleure mais peut accélérer le trafic entrant ou sortant de la Méditerranée. À ces paramètres s’ajoute un des couloirs maritimes les plus fréquentés au monde, nécessitant une veille permanente, l’utilisation rigoureuse de l’AIS et du radar, et une excellente lecture des dispositifs de séparation du trafic. Aborder le détroit de Gibraltar avec préparation et prudence, c’est un peu comme franchir un « col alpin » en mer : la récompense est à la hauteur des contraintes techniques.

Ports d’escale emblématiques du littoral atlantique portugais

Avant de rejoindre l’Algarve puis le golfe de Cadix, la descente de la côte atlantique portugaise offre plusieurs escales structurantes pour une croisière autour de la péninsule ibérique. De l’estuaire du Tage aux falaises du cap São Vicente, les ports de Cascais, Sines, Porto Covo ou encore Sagres jouent un rôle de relais nautiques, mais aussi de portes d’entrée vers un riche patrimoine historique. Vous y trouverez des marinas bien équipées, des mouillages sauvages encadrés par des parcs naturels et une identité maritime très marquée.

Cascais et l’estuaire du tage : infrastructure portuaire et patrimoine maritime

Cascais, située à une vingtaine de milles nautiques en aval de Lisbonne, constitue une escale stratégique à l’entrée de l’estuaire du Tage. Sa marina moderne offre plusieurs centaines de places, un tirant d’eau confortable et des services de qualité (carburant, maintenance, approvisionnement), ce qui en fait un point de départ ou d’arrivée fréquent pour les croisières côtières. L’abri procuré par la baie de Cascais en fait également un mouillage de sécurité appréciable en cas de dégradation rapide des conditions en Atlantique.

Au-delà de son rôle purement nautique, Cascais conserve un riche patrimoine maritime lié à la pêche et à la plaisance aristocratique du XIXe siècle. Les navigateurs y découvrent un front de mer animé, des musées consacrés à l’océanographie et à l’histoire navale, ainsi qu’un accès rapide à Lisbonne par train ou par route. Pour une croisière circumibérique, faire escale à Cascais permet d’alterner entre ravitaillement technique et immersion culturelle, avant de reprendre la mer vers le sud en longeant la spectaculaire côte d’Estoril.

Sines et porto covo : mouillages protégés de la costa alentejana

En descendant la côte portugaise, la baie de Sines offre l’un des rares abris fiables entre Lisbonne et le cap São Vicente. Malgré la présence d’un important port industriel, la marina de Sines reste bien séparée des installations pétrolières et propose des infrastructures adaptées aux croisières côtières de moyenne et longue durée. Le plan d’eau, partiellement protégé des houles d’ouest, constitue une étape logique pour segmenter la descente atlantique en tronçons de 50 à 70 milles.

Plus au sud, le village de Porto Covo et les petites anses de la Costa Alentejana séduisent par leurs mouillages plus sauvages, insérés dans un littoral classé. Les falaises découpées, les petites criques sableuses et l’absence de grands complexes touristiques donnent à cette portion de côte un caractère presque « hors du temps ». Les capitaines doivent toutefois tenir compte d’une exposition marquée à la houle d’ouest et à la nortada estivale, ce vent thermique de nord qui peut forcir l’après-midi. Pour qui sait choisir soigneusement ses fenêtres météo, Sines et Porto Covo offrent une transition idéale entre navigation hauturière et escales au charme rural.

Sagres et le cabo de são vicente : point stratégique de contournement

Le cabo de São Vicente marque à la fois l’extrémité sud-ouest de l’Europe continentale et un véritable « cap psychologique » pour de nombreux navigateurs. Son contournement demande une attention particulière aux prévisions de vent et de houle, car les effets d’accélération et de ressac peuvent y être significatifs. Sagres, située à proximité immédiate, propose un port de pêche abrité et quelques installations pour la plaisance, constituant un refuge précieux en cas de conditions défavorables.

Historiquement, cette zone fut un centre majeur de l’école de navigation portugaise à l’époque des Grandes Découvertes, ce qui ajoute une dimension symbolique à son franchissement lors d’une croisière circumibérique. Une fois le cap doublé, les navigateurs ressentent souvent une transition nette : les longues houles atlantiques laissent place à des mers plus modérées et aux falaises dorées de l’Algarve. En ce sens, Sagres et le cabo de São Vicente jouent le rôle de « seuil maritime » entre l’Atlantique ouvert et les eaux plus clémentes du sud portugais.

Patrimoine culturel et gastronomique des escales méditerranéennes espagnoles

Une fois le détroit franchi, la façade méditerranéenne de l’Espagne s’ouvre aux croisières venues du Portugal et du golfe de Cadix. De Cadix à Málaga, en passant par les petites marinas de la Costa de la Luz et de la Costa del Sol, les escales combinent influences mauresques, traditions andalouses et culture maritime vivante. Pour les passagers comme pour les équipages, ces ports méditerranéens offrent un équilibre séduisant entre visites culturelles majeures, gastronomie locale et infrastructures nautiques modernes.

Gastronomie andalouse à terre : pescaíto frito, jamón ibérico et vins de jerez

Profiter d’une croisière autour de la péninsule ibérique sans explorer la gastronomie andalouse serait passer à côté d’une part essentielle de l’expérience. À Cadix, El Puerto de Santa María ou Málaga, les bars à tapas de bord de mer servent un pescaíto frito réputé, composé de petits poissons et de fruits de mer frits dans une pâte légère. Les sardines grillées sur la plage, cuites sur des embarcations transformées en barbecues, offrent une alternative tout aussi typique aux repas à bord.

Dans l’arrière-pays, notamment autour de Jerez de la Frontera, les bodegas proposent des dégustations de vins de Jerez (fino, amontillado, oloroso) qui se marient parfaitement avec le jamón ibérico de bellota, produit à partir de porcs élevés en liberté dans la dehesa. Pour les croisiéristes, alterner entre les spécialités embarquées et les repas à terre permet de diversifier l’expérience culinaire et de découvrir la richesse des produits locaux. Vous hésitez entre un dîner à bord et une sortie en ville ? L’idéal est souvent de combiner les deux au fil des escales andalouses.

Architecture mauresque de málaga et granada accessible depuis le port

Málaga, dotée d’un port de croisière moderne, constitue l’une des principales portes d’accès au patrimoine mauresque de l’Andalousie orientale. Depuis le quai, il est possible de rejoindre en quelques minutes l’Alcazaba, forteresse médiévale dominant la baie, ainsi que le centre historique aux ruelles ombragées. La ville a su concilier son héritage islamique, sa cathédrale Renaissance et un dynamisme culturel contemporain, illustré par ses musées et ses promenades maritimes.

Granada, bien que située à l’intérieur des terres, reste accessible en excursion depuis les principaux ports de la Costa del Sol, notamment Málaga et Motril. La visite de l’Alhambra, chef-d’œuvre de l’architecture nasride, fait partie des incontournables pour de nombreuses croisières maritimes haut de gamme. L’organisation logistique est alors comparable à une « escale à la journée » avec transfert par autocar et retour au navire en fin d’après-midi. Intégrer Granada à un itinéraire circumibérique demande une planification précise, mais l’expérience culturelle offerte justifie largement l’investissement en temps.

Marchés maritimes de cádiz : marché central et produits de la mer

Cádiz, l’une des plus anciennes villes d’Europe occidentale, doit une grande partie de son identité à la mer. Le marché central, situé à quelques minutes à pied du port, illustre cette relation étroite : les étals débordent de poissons frais, de fruits de mer et de produits issus de la petite pêche côtière. Pour les chefs de bord comme pour les plaisanciers autonomes, c’est un lieu idéal pour se fournir en matières premières de qualité et préparer à bord des plats inspirés de la tradition locale.

Au-delà du marché, les ruelles de Cádiz abritent de nombreux bars et tavernes où l’on sert thon rouge de l’Atlantique, tortillitas de camarones (beignets de crevettes) et autres spécialités de l’océan. La proximité entre le port de croisière et le centre historique permet aux passagers de profiter pleinement de ces expériences gustatives, même lors d’escales relativement courtes. Pour une croisière autour de la péninsule ibérique axée sur la découverte des saveurs maritimes, Cádiz figure ainsi parmi les escales prioritaires.

Aspects techniques de la navigation circumibérique en croisière

Au-delà des attraits touristiques, une circumnavigation de la péninsule ibérique exige une préparation technique rigoureuse. Entre houles atlantiques, vents thermiques de l’Algarve, courants du détroit de Gibraltar et régimes de brises méditerranéennes, le skipper doit composer avec des systèmes météorologiques variés. Les distances nautiques entre grands ports, l’autonomie en carburant et en eau, ou encore la réglementation environnementale font partie des paramètres clés à intégrer dès la phase de planification.

Planification des fenêtres météorologiques : systèmes dépressionnaires atlantiques et nortada

Sur la façade atlantique, la navigation reste largement conditionnée par le passage des systèmes dépressionnaires venant du large. Entre octobre et mars, les perturbations peuvent générer des houles de plus de 3 à 4 mètres, rendant inconfortables, voire impraticables, certains caps exposés comme São Vicente. À l’inverse, le printemps et l’été offrent des régimes plus stables, propices à une croisière autour de la péninsule ibérique pour les unités de taille moyenne.

En été, la nortada – ce vent de nord à nord-ouest, renforcé par l’effet thermique – domine la côte portugaise. Elle peut souffler régulièrement à 20-25 nœuds l’après-midi, ce qui impose de privilégier des départs matinaux pour profiter de conditions plus maniables. En Méditerranée, la variabilité est plus grande, avec des épisodes de calmes plats alternant avec des coups de vent locaux. Planifier ses fenêtres météo revient alors à assembler un « puzzle dynamique », en tenant compte des prévisions à moyen terme, des bulletins côtiers et des observations en temps réel.

Distances nautiques et autonomie : segments Lisboa-Faro et Faro-Gibraltar

En matière de distances, une croisière circumibérique se structure généralement en tronçons de 80 à 150 milles nautiques entre grandes escales. Le segment Lisboa–Faro, en fonction des arrêts choisis à Cascais, Sines ou Sagres, représente environ 180 à 220 milles au total, souvent découpés en deux ou trois étapes. Pour les navires de croisière côtière comme pour les yachts, l’objectif est de conserver une marge de sécurité en carburant tout en maximisant les périodes de navigation à la voile lorsque les conditions le permettent.

Entre Faro et Gibraltar, la distance directe tourne autour de 140 à 160 milles nautiques, mais elle peut augmenter selon les détours nécessaires pour optimiser les conditions de courant dans le détroit. Une autonomie en carburant permettant de couvrir au minimum 300 à 400 milles sans ravitaillement est vivement recommandée, afin de conserver de la flexibilité en cas de conditions contraires ou d’escale imprévue. Vous envisagez de réaliser ce parcours sur un voilier de location ou un bateau de petite taille ? Une estimation réaliste des vitesses moyennes (5 à 7 nœuds) et des temps de repos de l’équipage sera alors déterminante.

Services portuaires et avitaillement : marinas, carburant et approvisionnement en eau

Les côtes portugaises et espagnoles disposent d’un réseau dense de marinas offrant la plupart des services nécessaires à une croisière au long cours : carburant, eau, électricité, sanitaires, parfois chantiers navals. Les grands ports comme Lisbonne, Faro, Cadix, Málaga ou Barcelone permettent en outre des opérations de maintenance plus lourdes, grâce à la présence de travel-lifts et d’entreprises spécialisées. Pour les navires de croisière commerciale, ces escales sont également l’occasion de renouveler les stocks alimentaires et les consommables techniques.

Dans les zones plus rurales ou protégées, notamment le long de la Costa Vicentina ou dans certaines parties de l’Algarve oriental, l’accès au carburant et à l’eau peut être plus limité, voire inexistant dans les mouillages forains. Il est alors essentiel de planifier les avitaillements en amont, de contrôler régulièrement les niveaux de réservoirs et d’adopter une gestion raisonnée des ressources à bord. Une croisière autour de la péninsule ibérique se prépare ainsi un peu comme un long voyage terrestre à travers plusieurs régions : en identifiant à l’avance les « hubs logistiques » et les tronçons plus isolés.

Réglementation maritime : zones SECA, contrôles douaniers et formalités schengen

Sur le plan réglementaire, la navigation entre Portugal et Espagne s’effectue dans l’espace Schengen, ce qui simplifie les formalités pour les ressortissants de l’Union européenne. Les contrôles peuvent cependant être renforcés dans le détroit de Gibraltar et à proximité des frontières maritimes avec le Maroc, en raison des enjeux de sécurité et de lutte contre les trafics. Les capitaines doivent donc veiller à disposer à bord de tous les documents requis : certificats du navire, listes de passagers, assurances et pièces d’identité.

Concernant les zones de contrôle des émissions (SECA), les côtes portugaises et espagnoles ne sont pas, à ce jour, soumises aux mêmes restrictions strictes que certaines zones de la mer du Nord ou de la Baltique. Toutefois, les réglementations environnementales évoluent rapidement, notamment pour les grandes compagnies de croisière maritime, qui se voient imposer des limites croissantes sur les émissions de soufre et de particules. Pour les navires de plaisance, le respect des bonnes pratiques – gestion des eaux grises et noires, limitation des rejets, mouillages respectueux des fonds – fait désormais partie intégrante d’une croisière responsable autour de la péninsule ibérique.

Faune marine et zones naturelles protégées de la péninsule ibérique

Une croisière autour de la péninsule ibérique n’est pas seulement un voyage culturel et gastronomique ; c’est aussi une immersion dans des écosystèmes marins et côtiers d’une grande richesse. Des cétacés du détroit de Gibraltar aux oiseaux migrateurs de la Ria Formosa, en passant par les falaises préservées de la Costa Vicentina, les occasions d’observation de la faune sont nombreuses. Naviguer dans ces zones protégées demande toutefois de concilier curiosité et respect des réglementations environnementales locales.

Observation des cétacés dans le détroit de gibraltar : orques, dauphins et globicéphales

Le détroit de Gibraltar est reconnu comme l’un des meilleurs sites d’Europe pour l’observation de cétacés. Plusieurs espèces y sont régulièrement aperçues, notamment des dauphins communs, des dauphins bleu et blanc, des globicéphales noirs et, de manière saisonnière, des orques attirées par les migrations de thon rouge. Pour les croisières qui traversent le détroit en journée, il n’est pas rare d’apercevoir des groupes de dauphins venant jouer dans l’étrave du navire, offrant un spectacle privilégié aux passagers.

Cependant, l’observation responsable impose le respect de distances minimales et de vitesses réduites à proximité des animaux, conformément aux chartes locales et aux recommandations des biologistes marins. Approcher un groupe de globicéphales demande la même patience que s’insérer dans une conversation déjà engagée : il faut laisser l’initiative au groupe et éviter tout comportement brusque. Certaines croisières maritimes ou excursions locales incluent des sorties dédiées à l’observation des cétacés, encadrées par des guides spécialisés qui sensibilisent les visiteurs aux enjeux de conservation.

Parc naturel de ria formosa : écosystème lagunaire et avifaune migratrice

À proximité de Faro, le parc naturel de Ria Formosa constitue l’un des écosystèmes lagunaires les plus remarquables d’Europe. Composé de canaux, d’îlots sableux, de marais salants et de dunes, ce parc s’étend sur plus de 60 kilomètres de côte et abrite une biodiversité exceptionnelle. De nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs y font halte, notamment des flamants roses, des hérons, des spatules et diverses espèces de limicoles.

Pour les croisières côtières, l’accès à la Ria Formosa se fait par des passes balisées, dont le franchissement nécessite une bonne connaissance des horaires de marée et des fonds mobiles. Une fois à l’intérieur, les mouillages offrent un environnement calme, propice à l’observation de la faune et à des excursions en annexe ou en kayak. Vous vous demandez s’il est possible de concilier confort d’une croisière organisée et immersion dans ce type de milieu naturel ? De plus en plus d’itinéraires combinent en effet escales urbaines et incursions dans des zones protégées comme la Ria Formosa, en collaboration avec des guides locaux.

Zones marines protégées : parque natural do sudoeste alentejano e costa vicentina

Entre Sines et Sagres, le Parque Natural do Sudoeste Alentejano e Costa Vicentina protège l’un des derniers grands tronçons de littoral sauvage d’Europe du Sud. Falaises abruptes, criques désertes et plateaux côtiers abritent une faune riche, dont des colonies d’oiseaux marins, des reptiles et une flore adaptée aux embruns. Pour les navigateurs, évoluer le long de cette côte revient un peu à longer une « cathédrale minérale » sculptée par l’océan.

La présence de cette zone protégée implique toutefois des règles spécifiques en matière de mouillage, de pêche de loisir et d’activités nautiques. Certaines baies sont soumises à des interdictions saisonnières pour préserver la nidification des oiseaux, tandis que d’autres imposent des profondeurs minimales pour éviter l’ancrage sur les herbiers. Avant de planifier une escale dans le parc, il est donc recommandé de consulter les informations actualisées fournies par les autorités portugaises ou par les capitaineries locales, afin de concilier découverte et préservation.

Meilleure période et durée recommandée pour une circumnavigation ibérique

Choisir la bonne période est déterminant pour réussir une croisière autour de la péninsule ibérique. En règle générale, la fenêtre la plus favorable s’étend de mai à octobre, avec des nuances selon les façades maritimes. Le printemps et le début de l’automne offrent souvent le meilleur compromis entre conditions météorologiques stables, affluence touristique modérée et températures agréables, aussi bien en mer qu’à terre.

Sur la côte atlantique portugaise, les mois de mai-juin et septembre sont particulièrement prisés : les systèmes dépressionnaires se font plus rares, la nortada est présente mais moins brutale qu’en plein été, et les ports sont moins saturés. Dans le golfe de Cadix et en Méditerranée andalouse, juillet et août peuvent être très chauds à terre, mais la brise thermique de l’après-midi rend la navigation plaisante. Pour ce qui est de la durée, une circumnavigation partielle entre Lisbonne et Cadix via l’Algarve et Gibraltar nécessite au minimum deux semaines pour rester confortable, en prévoyant des journées de réserve pour les aléas météo.

Une boucle plus ambitieuse, intégrant à la fois les grandes villes (Lisbonne, Séville, Cádiz, Málaga, éventuellement Barcelone) et plusieurs zones naturelles protégées, gagnera à être étalée sur trois à quatre semaines. Que vous optiez pour une croisière organisée ou pour une navigation en autonomie, la clé réside dans l’équilibre entre temps de mer et temps d’escale. En d’autres termes, une circumnavigation ibérique réussie se mesure moins en milles parcourus qu’en souvenirs accumulés au fil des ports, des paysages et des rencontres.