
Naviguer en haute mer tout en restant connecté représente aujourd’hui un défi technologique et financier majeur pour les professionnels maritimes et les plaisanciers. Entre les solutions satellitaires coûteuses et les réseaux cellulaires côtiers limités, maintenir une connexion internet fiable sans exploser son budget nécessite une approche stratégique. Les coûts de communication maritime peuvent facilement atteindre plusieurs milliers d’euros par mois si les technologies ne sont pas optimisées correctement.
Les avancées récentes en matière de connectivité satellitaire et de gestion intelligente de la bande passante ouvrent de nouvelles perspectives. Des constellations LEO comme Starlink Maritime aux solutions VSAT traditionnelles, en passant par l’optimisation des forfaits terrestres près des côtes, les options se multiplient. Cette diversification technologique permet désormais d’adapter précisément sa stratégie de connectivité selon la zone de navigation et les besoins opérationnels.
Solutions satellitaires inmarsat et iridium pour communications maritimes offshore
Les communications satellitaires demeurent la référence absolue pour maintenir une connectivité fiable au-delà des zones côtières. Inmarsat et Iridium proposent des architectures distinctes qui répondent à des besoins spécifiques selon la zone de navigation et les exigences opérationnelles.
Terminaux BGAN inmarsat FleetBroadband : débit et couverture géographique
Les terminaux BGAN (Broadband Global Area Network) d’Inmarsat offrent une couverture géographique exceptionnelle couvrant 99% des océans mondiaux. Le système FleetBroadband propose des débits allant de 432 kbps à 432 kbps en fonction de la taille de l’antenne installée. Les tarifications s’échelonnent généralement entre 3 et 15 euros par mégaoctet selon le forfait souscrit.
L’avantage principal réside dans la stabilité du signal et la compatibilité avec les applications critiques de sécurité maritime. Les terminaux FB150, FB250 et FB500 s’adaptent aux différentes tailles d’embarcations, du yacht de plaisance au cargo commercial. La latence relativement élevée (600-800ms) limite cependant les applications temps réel mais convient parfaitement aux emails, bulletins météo et navigation assistée.
Réseau iridium NEXT : connectivité polaire et redondance satellitaire
La constellation Iridium NEXT révolutionne les communications maritimes grâce à sa couverture polaire intégrale et ses 66 satellites en orbite basse. Cette architecture offre une redondance exceptionnelle avec des débits de 128 kbps et une latence réduite à 40ms environ. Les coûts varient entre 1,50 et 8 euros par minute de communication selon le type de service utilisé.
L’intérêt majeur d’Iridium réside dans sa capacité à fonctionner dans les régions polaires où Inmarsat présente des limitations. Pour les expéditions scientifiques ou les routes commerciales transarctiques, cette technologie devient indispensable. La robustesse du réseau permet également de maintenir les communications même par conditions météorologiques extrêmes.
Comparatif thuraya XT-PRO DUAL vs globalstar GSP-1700 pour navigation côtière
Les solutions Thuraya et Globalstar ciblent spécifiquement la navigation côtière avec des coûts réduits par rapport aux systèmes glob
aux satellitaires globaux. Le téléphone satellite Thuraya XT-PRO DUAL combine double SIM (une SIM GSM classique et une SIM Thuraya) et couverture régionale étendue (Europe, Méditerranée, Afrique du Nord, Moyen-Orient, une partie de l’Asie). Idéal pour la navigation côtière en Méditerranée ou en mer Rouge, il permet de basculer automatiquement entre réseau cellulaire et réseau satellite, ce qui limite fortement les coûts de communication lorsque vous restez à proximité des côtes.
Le Globalstar GSP-1700 mise, lui, sur un service voix très fiable dans ses zones de couverture (Amériques, Europe, une partie de l’Atlantique Nord). Son principal atout est un tarif à la minute souvent plus bas que les offres Iridium, avec une excellente qualité audio. En revanche, l’absence de couverture polaire et certaines zones d’ombre océaniques le rendent moins adapté aux traversées hauturières. Pour des croisières côtières ou transatlantiques bien balisées, Globalstar reste une option économique pour la sécurité et les appels ponctuels.
En pratique, le choix entre Thuraya XT-PRO DUAL et Globalstar GSP-1700 dépendra de votre zone de navigation et de votre besoin d’intégrer la téléphonie mobile classique. Si vous naviguez surtout en Méditerranée et proche des côtes, le mode double SIM de Thuraya vous fera gagner en simplicité et en budget. Pour des routes plus larges entre Europe et Amériques, Globalstar pourra servir de solution de secours voix, en complément d’un système de données satellitaire (Inmarsat, Iridium ou Starlink Maritime).
Antennes VSAT intellian v100NX : installation et optimisation du signal
Pour les navires de commerce, les yachts de grande taille ou les unités offshore, les antennes VSAT Intellian v100NX constituent une solution de connectivité haut débit particulièrement performante. Avec un diamètre de 1 mètre, ces antennes gyrostabilisées permettent d’accéder à des liaisons IP de plusieurs dizaines de Mbps en montée et en descente, selon le fournisseur de service (GEO ou, via adaptateurs, LEO comme OneWeb). La v100NX est conçue pour supporter les environnements maritimes sévères, avec un suivi dynamique du satellite même par forte houle.
L’installation doit cependant être pensée comme un mini-projet d’ingénierie. Idéalement positionnée en hauteur et dégagée de tout obstacle (mâts, grues, superstructures), l’antenne doit bénéficier d’un champ de vision à 360° ou presque. Un mauvais emplacement peut entraîner des pertes de signal répétées, qui se traduisent par une instabilité de la connexion et une hausse des coûts (retransmissions, baisse d’efficacité des protocoles). Le câblage coaxial doit être limité en longueur et de qualité marine, afin de réduire l’atténuation du signal entre le radôme et le modem VSAT.
Pour optimiser les performances, il est recommandé de réaliser un pointage fin et de vérifier régulièrement les niveaux de signal via l’interface d’administration. Certains armateurs choisissent de coupler l’Intellian v100NX avec un routeur de bord capable de gérer la redondance entre VSAT, 4G côtière et liens LEO (Starlink, OneWeb). Cette stratégie multi-liens permet de conserver un accès internet fiable tout en basculant automatiquement vers l’option la plus économique selon la position du navire.
Technologies VSAT maritime : optimisation des coûts de données en haute mer
Les solutions VSAT maritime offrent une connectivité continue en haute mer, mais les coûts de données restent élevés comparés aux réseaux terrestres. Pour ne pas voir sa facture exploser, la clé consiste à optimiser chaque paquet de données transmis. Accélération des protocoles, compression, gestion de la qualité de service (QoS) : ces outils transforment un lien coûteux en ressource maîtrisée. Vous souhaitez proposer du Wi-Fi à l’équipage, tout en gardant assez de bande passante pour la passerelle et les applications métiers ? C’est justement là que les technologies d’optimisation VSAT entrent en jeu.
Compression de données digigram et protocoles TCP acceleration
Les solutions de compression de données comme celles proposées par Digigram permettent de réduire significativement la bande passante utilisée pour certains flux, notamment audio et vidéo. En compressant en temps réel les données avant envoi par satellite, puis en les décompressant à terre (ou inversement), on peut économiser jusqu’à 30 à 60 % de bande passante selon le type de trafic. Pour les communications voix sur IP, les reportages audio, ou la télésurveillance de plateformes offshore, ces gains se traduisent directement en économies sur la facture VSAT.
En parallèle, les solutions d’accélération TCP (TCP acceleration) corrigent l’un des principaux handicaps des satellites géostationnaires : la latence élevée (600 ms et plus). Sans optimisation, les mécanismes de contrôle de congestion de TCP interprètent cette latence comme une congestion du réseau et réduisent inutilement le débit. Les accélérateurs TCP, souvent intégrés dans les modems VSAT ou dans des boîtiers dédiés, jouent le rôle d’un « traducteur » entre le réseau local du navire et le lien satellite, ce qui permet d’atteindre un débit utile bien supérieur à bande passante égale.
Concrètement, pour un navire exploitant des applications métiers (ERP, maintenance prédictive, reporting), l’usage combiné de la compression et de l’accélération TCP peut diviser par deux le temps de transfert des données critiques. Cela permet de programmer les synchronisations et mises à jour hors des pics d’usage de l’équipage, et donc de garder une expérience utilisateur acceptable, même avec des débits limités.
Gestion de bande passante avec routeurs pepwave MAX BR1 pro 5G
Les routeurs Pepwave MAX BR1 Pro 5G sont devenus des références à bord pour la gestion de la bande passante multi-liens (VSAT, 4G/5G côtière, Wi-Fi portuaire). Leur principal atout est la possibilité de définir des politiques de routage et de priorisation très fines : vous pouvez par exemple réserver un minimum garanti pour la VHF sur IP, la télémédecine ou les mises à jour AIS, tout en laissant le trafic « loisirs » (YouTube, réseaux sociaux, streaming) consommer uniquement la bande passante restante.
Grâce au failover automatique et aux scénarios SD-WAN intégrés, le routeur bascule intelligemment d’un lien à l’autre selon la qualité du signal, le coût au mégaoctet ou la zone de navigation. À proximité des côtes, la 4G/5G est privilégiée pour limiter le coût des données ; une fois en pleine mer, le trafic bascule sur le VSAT ou une constellation LEO. Vous pouvez même définir des plafonds de consommation journaliers ou hebdomadaires, afin de ne pas dépasser un volume de données donné sur un satellite spécifique.
Dans une logique de maîtrise de budget, il est conseillé de segmenter le réseau de bord : un VLAN pour la passerelle et les systèmes critiques, un autre pour l’équipage, éventuellement un troisième pour les invités. Le Pepwave MAX BR1 Pro 5G permet alors d’appliquer des politiques de QoS différentes à chaque segment, ce qui évite que le téléchargement d’une série en 4K par un marin ne pénalise une mise à jour de sécurité ou une visio urgente avec l’armateur.
Solutions hybrides LEO-GEO : starlink maritime vs OneWeb for business
Les constellations LEO (orbite basse) comme Starlink Maritime et OneWeb bouleversent la connectivité maritime avec des débits bien supérieurs et une latence réduite (20 à 50 ms en moyenne). Mais ces solutions ne remplacent pas toujours immédiatement les liaisons GEO classiques : elles viennent souvent les compléter, dans une architecture hybride LEO-GEO. Comment arbitrer entre ces offres pour ne pas exploser le budget tout en gagnant en confort d’usage ?
Starlink Maritime est particulièrement attractif pour les yachts, navires de recherche et flottes offshore nécessitant du haut débit pour l’équipage, la visioconférence ou l’IoT industriel. Les débits dépassent fréquemment 150 Mbps en téléchargement, avec des forfaits mensuels à prix fixe, plus prévisibles que la facturation au mégaoctet du VSAT traditionnel. En revanche, la consommation reste « illimitée » mais non garantie, et la disponibilité peut varier selon les zones et les réglementations locales.
OneWeb for Business s’intègre plus souvent via des partenaires VSAT existants, avec une logique de SLA (accords de niveau de service) plus proche des offres professionnelles GEO. Les débits sont élevés, mais avec une emphase sur la fiabilité et la continuité de service pour les compagnies maritimes et plateformes offshore. Une architecture hybride LEO-GEO permet par exemple d’utiliser OneWeb ou Starlink comme lien principal haut débit, tout en conservant un lien Inmarsat ou Intelsat comme secours pour les communications critiques et les services réglementaires (GMDSS, ECDIS connecté).
La stratégie gagnante consiste souvent à segmenter les usages : le LEO pour l’internet « de confort » (équipage, invités, vidéo, applications cloud), le GEO pour la sécurité, la conformité et les flux métiers critiques. En combinant ces technologies avec une bonne gestion de QoS, vous profitez du meilleur des deux mondes : une expérience utilisateur proche de la terre, sans perdre la robustesse des services maritimes certifiés.
Systèmes de cache proxy squid pour réduction du trafic satellitaire
Mettre en place un serveur proxy cache comme Squid à bord est une méthode simple et efficace pour réduire la consommation de données sur un lien satellite. Le principe est proche d’une « mémoire tampon » : les contenus fréquemment consultés (sites d’actualités, cartes météo, mises à jour logicielles) sont stockés localement. Lorsqu’un utilisateur y accède à nouveau, le navire sert la version mise en cache sans solliciter une nouvelle fois le lien satellitaire.
Cette approche est particulièrement intéressante pour les flottes où l’équipage consulte souvent les mêmes sites ou applications web. On peut ainsi diminuer de 20 à 40 % le trafic HTTP/HTTPS transmis par satellite, ce qui se traduit par un gain de performance et une baisse de la facture, surtout avec les forfaits facturés au gigaoctet. Vous pouvez aussi configurer Squid pour bloquer certains types de contenus très gourmands (streaming HD, mises à jour automatiques massives) ou en limiter la bande passante.
Combiné à un pare-feu et à un système de filtrage de contenu, Squid permet de créer une véritable politique d’usage internet à bord. Vous gardez la main sur les priorités : mettre en avant les applications utiles à la navigation et à la sécurité, tout en encadrant les usages de loisir. L’objectif n’est pas de brider l’équipage, mais d’éviter qu’une poignée de téléchargements non maîtrisés ne consomment en quelques heures la totalité de votre forfait satellite mensuel.
Réseaux cellulaires côtiers : amplificateurs 4G LTE et antennes directionnelles
À quelques milles des côtes, la solution la plus économique reste souvent d’exploiter les réseaux cellulaires 4G/5G. Les débits sont élevés, les forfaits data beaucoup plus abordables que le satellite, et la latence faible. Le défi ? Étendre au maximum la portée de ces réseaux en mer, malgré la courbure de la Terre et l’éloignement des antennes terrestres. C’est là qu’interviennent les amplificateurs marins, les antennes directionnelles et les routeurs professionnels.
Amplificateurs WeBoost drive reach marine : installation et performance
Les amplificateurs WeBoost Drive Reach Marine sont conçus pour renforcer le signal cellulaire à bord des bateaux jusqu’à 30 à 40 km des côtes, selon la hauteur d’antenne et la topographie. Ils captent le signal faible venant des tours cellulaires, l’amplifient, puis le redistribuent à l’intérieur du navire via une antenne intérieure. Résultat : une meilleure stabilité et des débits plus élevés sur vos smartphones, tablettes ou routeurs 4G, même dans les zones de réception marginale.
L’installation requiert une antenne extérieure montée en hauteur (sur mât ou portique), idéalement dégagée de tout obstacle métallique. Le câble coaxial entre antenne et amplificateur doit être le plus court possible pour limiter les pertes, tout en respectant les contraintes de sécurité du navire. À l’intérieur, l’antenne de diffusion doit être placée dans la zone de vie ou près du poste de pilotage, selon l’usage prioritaire souhaité (travail, navigation, loisirs).
En pratique, un système WeBoost bien installé peut faire la différence entre un signal quasi inexistant et une 4G exploitable pour la météo, la VoIP ou le streaming à débit raisonnable. Pour ne pas exploser votre forfait mobile, pensez cependant à bien paramétrer vos smartphones (désactiver les mises à jour automatiques lourdes, limiter la résolution vidéo) et à utiliser un routeur 4G dédié qui centralise la consommation de données.
Antennes yagi log-périodiques panorama LGMM-7-38 pour réception longue portée
Les antennes directionnelles de type Yagi log-périodique, comme la série Panorama LGMM-7-38, permettent de capter des signaux 4G/5G beaucoup plus loin qu’avec une antenne omnidirectionnelle classique. En concentrant la réception dans une direction précise (vers la côte), elles gagnent plusieurs décibels de sensibilité, ce qui peut se traduire par quelques précieux milles nautiques supplémentaires de connectivité cellulaire.
La contrepartie est la nécessité d’orienter correctement l’antenne. Sur un bateau fixe (mouillage longue durée, plateforme, navire à quai), on pourra régler l’azimut une bonne fois pour toutes vers la tour cellulaire la plus proche. Sur un navire en mouvement, la Yagi sera surtout utile lorsque l’itinéraire est connu et linéaire (liaison régulière entre deux ports, navigation côtière dans un fjord, par exemple). Pour une croisière plus erratique, une solution combinant Yagi et antennes omni peut être plus pertinente.
L’analogie avec un projecteur peut aider : une antenne omni éclaire tout autour mais moins loin, tandis qu’une antenne Yagi agit comme un faisceau concentré, plus puissant mais orienté. En reliant une LGMM-7-38 à un routeur 4G/5G professionnel, vous maximisez vos chances de rester connecté en data mobile à des distances où un smartphone seul serait déjà hors couverture.
Routeurs 4G teltonika RUT955 : agrégation de porteuses et failover automatique
Le Teltonika RUT955 est un routeur 4G industriel largement utilisé dans le maritime léger et les flottes de pêche côtières. Il combine double SIM, Wi-Fi, entrées/sorties numériques et GPS, ce qui en fait un véritable hub de connectivité à bord. Son principal avantage est la capacité à gérer automatiquement les bascules entre plusieurs opérateurs mobiles, mais aussi entre 4G et autres liens (Wi-Fi portuaire, VSAT, Starlink) via ses interfaces WAN multiples.
Grâce à l’agrégation de porteuses et aux antennes externes adaptées, le RUT955 peut tirer le meilleur des réseaux 4G disponibles, même dans des conditions de réception difficiles. Vous pouvez définir des règles de failover automatique : par exemple, utiliser en priorité la SIM 1 (forfait data illimité ou très généreux), puis basculer sur la SIM 2 en cas de saturation ou de perte de signal, avant de passer sur un lien satellite de secours si aucune couverture cellulaire n’est disponible.
Pour garder la main sur votre budget, l’interface d’administration permet de suivre en temps réel la consommation de chaque lien, de définir des seuils d’alerte et de bloquer la data au-delà d’un certain volume. Couplé à des antennes marines performantes et, éventuellement, à un amplificateur de type WeBoost, le Teltonika RUT955 constitue une solution robuste pour exploiter au maximum la connexion 4G côtière avant de basculer vers des technologies plus onéreuses.
Forfaits maritimes spécialisés : orange marine, SFR business fleet et bouygues pro
Au-delà des technologies, le choix des forfaits maritimes spécialisés est déterminant pour maîtriser vos coûts de communication. Les grands opérateurs français proposent désormais des offres dédiées aux professionnels en mer et aux armateurs : Orange Marine, SFR Business Fleet ou encore les solutions Bouygues Pro avec options internationales. Ces forfaits combinent souvent voix, SMS et data dans des zones géographiques précises, avec des options spécifiques pour les navires battant pavillon français.
Orange Marine met par exemple l’accent sur l’intégration des services satellitaires Inmarsat, Iridium ou VSAT dans une facture unique, avec un support 24/7 et des outils de suivi de consommation. Pour une compagnie gérant plusieurs navires, cette approche centralisée permet d’identifier rapidement les unités les plus consommatrices et d’ajuster les politiques d’usage à bord. SFR Business Fleet propose quant à lui des solutions M2M/IoT maritimes, utiles pour le suivi des conteneurs, la maintenance prédictive ou la télémétrie des moteurs.
Les offres Bouygues Pro et autres opérateurs incluent souvent des options roaming spécifiques pour les zones maritimes proches des côtes, qui permettent d’utiliser les réseaux 4G/5G à des tarifs proches des forfaits terrestres, tant que l’on reste dans les zones couvertes par la réglementation européenne sur l’itinérance. En combinant ces forfaits avec des équipements marins (amplificateurs, antennes directionnelles, routeurs multi-SIM), vous pouvez prolonger de plusieurs milles nautiques l’usage d’une connexion mobile à coût réduit avant de passer au satellite.
Pour choisir la bonne offre, il est essentiel de dresser une cartographie de vos zones de navigation (Europe, Méditerranée, Afrique de l’Ouest, Atlantique Nord, etc.), d’évaluer vos besoins en data (simple email ou cloud intensif ?) et de vérifier les clauses de « fair use » des forfaits illimités. Un audit de consommation sur quelques mois peut révéler que le passage à un forfait maritime spécialisé, combiné à une politique de QoS stricte, permet de réduire significativement la facture globale de connectivité.
Stratégies de gestion de données : QoS, limitation de bande passante et applications offshore
Même avec les meilleurs équipements, une mauvaise gestion de la bande passante peut faire exploser les coûts et dégrader la qualité de service à bord. La donnée est devenue le carburant numérique du navire : planification météo avancée, ECDIS connecté, télémaintenance, télémédecine, messagerie d’entreprise, divertissement de l’équipage… Sans règles claires, chaque application tire la couverture à soi. Comment éviter ce « goulet d’étranglement » numérique ?
La première étape consiste à mettre en place une QoS (Quality of Service) adaptée. Vous pouvez hiérarchiser les flux en classes de priorité (sécurité, opérations, administration, loisirs) et réserver une portion de bande passante minimale pour les applications critiques. Des routeurs professionnels (Pepwave, Teltonika, Cisco, etc.) permettent de créer ces politiques par type de trafic, par utilisateur ou par VLAN. L’idée est de vous assurer que les communications GMDSS, la VHF-VoIP ou la télémédecine ne soient jamais saturées par du streaming vidéo.
- Limiter la bande passante par utilisateur ou par périphérique (quotas journaliers, plafonds de débit).
- Planifier les mises à jour logicielles et les synchronisations cloud sur des plages horaires creuses.
Pour les équipages, il est utile de créer un portail captif avec authentification individuelle. Chaque marin dispose ainsi d’un volume de données défini (par jour ou par semaine), ce qui évite qu’un petit nombre d’utilisateurs consomme la quasi-totalité de la capacité satellite. Certains armateurs mettent aussi en place des profils d’applications : messageries instantanées et navigation web autorisées, mais vidéo HD et jeux en ligne fortement limités ou interdits sur le lien satellite principal.
Côté applications offshore, il est recommandé de privilégier les solutions conçues pour les environnements à bande passante contrainte : messageries compressées, outils de reporting capables de fonctionner en mode déconnecté (et de synchroniser par lots), applications de monitoring industriel avec délégation de calcul en local. En clair, plutôt que d’envoyer en temps réel toutes les données brutes d’un moteur ou d’une plateforme, on privilégie des agrégats et des alertes ciblées, beaucoup moins gourmands en bande passante.
- Établir une charte d’usage internet à bord, claire et partagée avec l’équipage.
- Mettre en place des outils de monitoring de trafic pour identifier les applications les plus consommatrices.
En combinant ces stratégies de gestion de données, vous transformez un lien satellite coûteux en ressource précieuse et maîtrisée. Vous connaissez cette sensation de « compteur qui tourne » dès que vous activez les données mobiles à l’étranger ? En mer, c’est la même chose à l’échelle d’un navire entier : la différence, c’est que vous avez les outils pour garder la main sur ce compteur.
Équipements de communication redondants : radiobalises EPIRB et systèmes de secours VHF-DSC
Enfin, rester connecté en mer ne se limite pas à l’accès internet ou aux appels professionnels. La sécurité des communications doit rester le fil conducteur de toute stratégie de connectivité maritime. Les équipements de secours comme les radiobalises EPIRB et les systèmes VHF-DSC constituent la dernière ligne de défense en cas d’avarie des systèmes principaux, de panne électrique ou de perte totale de connectivité satellite.
Les EPIRB (Emergency Position Indicating Radio Beacon) sont des balises de détresse qui, une fois déclenchées, envoient automatiquement votre position et l’identification du navire vers le système Cospas-Sarsat via satellite. Alimentées par leur propre batterie et conçues pour flotter, elles restent opérationnelles même si le navire coule. Il est crucial de vérifier régulièrement la date de validité de la batterie, l’intégrité du boîtier et la bonne programmation de l’identifiant MMSI. Une EPIRB correctement entretenue peut faire la différence entre une alerte reçue en quelques minutes et une absence totale de signal.
La VHF-DSC (Digital Selective Calling) complète ce dispositif en permettant l’envoi de signaux de détresse numériques automatisés sur le canal 70, avec transmission de votre position GPS. En cas de coup dur, un simple appui sur le bouton rouge de détresse lance un appel prioritaire vers tous les navires et stations côtières à portée. Pour que ce système reste efficace, il doit être alimenté par une source de secours (batteries dédiées) et relié à un GPS fonctionnel. De nombreux armateurs prévoient une VHF-DSC fixe et une ou deux VHF portables étanches, afin de garder un moyen de communication même en cas d’abandon du navire.
Dans une logique de redondance, il est pertinent de considérer ces équipements de sécurité comme un « deuxième réseau » parallèle à vos solutions internet. Vous pouvez perdre votre VSAT, votre routeur 4G ou votre eSIM, mais votre EPIRB et votre VHF-DSC doivent rester opérationnelles en toutes circonstances. En combinant ces systèmes de secours avec une stratégie de connectivité intelligente (satellite, 4G côtière, LEO, VSAT), vous naviguez avec l’assurance d’être joignable et de pouvoir alerter les secours, sans pour autant faire exploser votre forfait ou votre budget de communication maritime.