# Les merveilles des îles Éoliennes à découvrir en croisière

Émergent des eaux cristallines de la mer Tyrrhénienne, au nord-est de la Sicile, les îles Éoliennes constituent un archipel volcanique d’une beauté saisissante. Classées au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2000, ces sept perles méditerranéennes offrent aux navigateurs un terrain d’exploration exceptionnel où la géologie vivante rencontre l’histoire millénaire. Entre volcans actifs crachant leurs fumerolles sulfureuses, criques isolées aux eaux turquoise et villages traditionnels préservés du tourisme de masse, chaque île révèle une personnalité unique façonnée par les forces telluriques. La navigation dans cet archipel permet d’accéder à des sites naturels remarquables, souvent inaccessibles par voie terrestre, tout en profitant du rythme apaisant de la vie maritime.

Lipari : exploration du patrimoine volcanique et des carrières de pierre ponce

Avec ses 37,6 kilomètres carrés, Lipari s’impose comme la plus vaste et la plus peuplée des îles Éoliennes. Cette île constitue généralement le point de départ idéal pour une croisière dans l’archipel, grâce à son port bien équipé et ses infrastructures développées. Le contraste entre les habitations colorées du centre historique et les formations géologiques spectaculaires créent un paysage insulaire particulièrement photogénique. La géologie complexe de Lipari témoigne d’une activité volcanique s’étendant sur plus de 267 000 ans, avec pas moins de douze centres éruptifs différents ayant façonné son relief tourmenté.

Le castello di lipari et son musée archéologique éolien

Dominant le port depuis son promontoire rocheux, le Castello di Lipari occupe un site fortifié depuis l’époque grecque. Cette citadelle médiévale abrite aujourd’hui l’un des plus importants musées archéologiques méditerranéens, où vous découvrirez des collections exceptionnelles retraçant six millénaires d’occupation humaine. Les sections consacrées à la vulcanologie éolienne expliquent de manière didactique les processus géologiques ayant donné naissance à l’archipel. La cathédrale normande Saint-Barthélemy, reconstruite au XVIIe siècle après le terrible raid du pirate Barberousse, présente une façade baroque ornementée contrastant avec l’austérité militaire de l’enceinte fortifiée.

Les formations géologiques de pietra liscia et monte pilato

La partie nord-orientale de Lipari révèle un paysage lunaire façonné par l’exploitation industrielle de la pierre ponce. Le Monte Pilato, dont la dernière éruption remonte à 776 après J.-C., a produit d’immenses coulées de ponce et d’obsidienne qui ont littéralement recouvert cette section de l’île. L’obsidienne de Lipari, verre volcanique noir et tranchant, constituait une ressource stratégique durant la préhistoire, exportée dans tout le bassin méditerranéen pour la fabrication d’outils. Les formations géologiques de Pietra Liscia offrent un spectacle saisissant avec leurs strates colorées témoignant de différentes phases éruptives.

Les plages de pierre ponce de porticello et acquacalda

Les plages blanches de Porticello et d’Acquacalda présentent une composition unique au monde, entièrement constituées de fragments de pierre ponce. Ces matériaux ultra-légers

entourent littéralement la zone de baignade, donnant à la mer des reflets laiteux et irréels. Lorsque le soleil est au zénith, la clarté de l’eau combinée au fond clair crée un effet de lagon tropical, rare en Méditerranée. Les anciennes installations de chargement de la pierre ponce, aujourd’hui désaffectées, rappellent l’intense activité industrielle qui animait ces rivages jusqu’aux années 2000. Une escale en croisière à Porticello ou Acquacalda permet de profiter de ces plages atypiques tout en observant les falaises entaillées par les carrières, où la roche se découpe en pans vertigineux.

Navigation vers les thermes naturels de san calogero

En prolongeant votre croisière autour de Lipari vers la côte occidentale, vous atteindrez le secteur de San Calogero, connu depuis l’Antiquité pour ses sources thermales. Les Romains y avaient déjà aménagé des bassins, profitant des eaux chaudes qui émergent à environ 50 °C le long des failles volcaniques. Aujourd’hui, le site conserve des vestiges d’anciens thermes et des grottes creusées dans la roche, témoignant de plus de deux millénaires d’utilisation thérapeutique. Même si la baignade n’est plus toujours autorisée pour des raisons de sécurité, la navigation au pied de ces falaises et une éventuelle visite à terre permettent de comprendre le lien intime entre activité volcanique et thermalisme dans l’archipel.

Pour les plaisanciers, approcher San Calogero par la mer présente un double intérêt : bénéficier d’un mouillage généralement calme, à l’abri des vents dominants, et profiter d’un panorama spectaculaire sur les coulées anciennes qui se jettent dans la mer. Vous pouvez organiser une courte randonnée vers le complexe thermal historique, dont certaines parties datent du IVe siècle avant notre ère. Pensez à vous munir de chaussures fermées et d’eau en quantité suffisante, surtout en été où les températures peuvent dépasser les 30 °C. Cette halte ravira autant les passionnés de géologie que les amateurs de patrimoine bâti.

Vulcano : observation des phénomènes volcaniques actifs et thermalisme marin

Située au sud de Lipari, Vulcano est souvent la première vision volcanique forte des voyageurs en croisière dans les îles Éoliennes. Son sommet fumant, les panaches de vapeur qui s’élèvent du cratère et l’odeur caractéristique de soufre composent une véritable carte postale de volcanisme actif. L’île doit son nom au dieu romain Vulcain, forgeron des dieux, qui aurait établi ici son atelier. Aujourd’hui encore, l’activité fumerollienne et les nombreuses manifestations hydrothermales font de Vulcano un laboratoire naturel à ciel ouvert, étudié par les vulcanologues du monde entier.

Ascension du cratère de la fossa et fumerolles sulfureuses

L’ascension de La Fossa constitue l’une des randonnées emblématiques de l’archipel pour tous ceux qui souhaitent observer un volcan actif en toute relative sécurité. Le sentier démarre à proximité du port principal et serpente à travers des cendres compactées avant de gagner les pentes supérieures, plus caillouteuses. Comptez environ 1 h 30 de montée pour atteindre le bord du cratère, à environ 390 m d’altitude, avec un dénivelé de l’ordre de 300 à 400 m selon le point de départ. Le panorama sur l’ensemble des îles Éoliennes, notamment sur Lipari et Salina, récompense largement l’effort fourni.

Au sommet, la vision du champ fumerollien est saisissante : des dizaines de bouches exhalent en continu des gaz à haute température, chargés en soufre, en vapeur d’eau et en dioxyde de carbone. Les dépôts de soufre jaune vif se forment par précipitation autour des évents, créant un décor presque extraterrestre. Vous serez frappé par le contraste entre la couleur ocre des scories, le jaune des cristallisations et le bleu profond de la mer en contrebas. Il est toutefois essentiel de respecter les consignes de sécurité, de ne pas s’approcher trop près des fumerolles et de vérifier, avant l’ascension, les éventuelles restrictions émises par la protection civile italienne en cas d’augmentation de l’activité.

Les bains de boue thérapeutique de laghetto di fanghi

Au pied du volcan, dans la baie de Porto Levante, se trouvait jusqu’à récemment le célèbre Laghetto di Fanghi, un bassin de boue volcanique naturelle utilisé depuis des décennies à des fins thermales. Dans cette zone, le substrat est chauffé par des circulations hydrothermales, ce qui favorise la formation d’une boue argileuse riche en minéraux. Les baigneurs venaient traditionnellement s’y enduire le corps pour soulager rhumatismes, affections cutanées et douleurs musculaires. Les effets bénéfiques ressentis sont comparables à ceux des stations thermales classiques, avec l’attrait supplémentaire d’un environnement volcanique à ciel ouvert.

Cependant, pour des raisons de sécurité et de surveillance de l’activité volcanique, l’accès aux bains de boue peut être restreint ou temporairement interdit. Avant de planifier votre baignade dans la boue, renseignez-vous auprès des autorités locales ou de votre skipper sur la réglementation en vigueur. Si les bains sont accessibles, prévoyez un maillot de bain dédié, la boue soufrée pouvant tâcher irrémédiablement les textiles. Après l’immersion, un rinçage dans la mer à proximité permet de profiter des eaux tièdes, encore réchauffées par les fumerolles sous-marines. L’expérience, à mi-chemin entre spa naturel et immersion géologique, reste l’un des souvenirs marquants d’une croisière à Vulcano.

Plongée sous-marine dans les eaux géothermales de capo testa grossa

Au large de Vulcano, le secteur de Capo Testa Grossa offre des conditions uniques pour la plongée sous-marine en milieu géothermique. Des évents hydrothermaux sous-marins diffusent en permanence des bulles de gaz et des fluides chauds, créant un paysage subaquatique digne d’un aquarium volcanique. En snorkeling comme en plongée bouteille, vous pouvez observer des tapis bactériens colorés, des algues adaptées à des températures plus élevées et une faune de poissons méditerranéens profitant de ces zones riches en nutriments. C’est un peu comme nager au-dessus d’une coupe de champagne géante, où les bulles s’élèvent en chapelets depuis le fond.

Les centres de plongée locaux organisent des sorties encadrées vers ces sites, en tenant compte des courants, de la visibilité et des éventuelles restrictions liées à l’activité volcanique. Le niveau requis varie d’une simple randonnée palmée à des plongées plus techniques pour plongeurs certifiés. Vous serez briefé sur la manière d’observer sans perturber ces écosystèmes fragiles, notamment en évitant de toucher les structures bactériennes et en maîtrisant votre flottabilité. Pour les photographes sous-marins, Capo Testa Grossa représente un terrain de jeu privilégié, alliant jeux de lumière, bulles et reliefs rocheux sculptés par le volcanisme.

Mouillage à gelso et randonnée vers valle dei mostri

Sur la côte sud de Vulcano, la petite baie de Gelso offre un mouillage paisible, loin de l’animation du port principal. Une plage de sable noir y fait face à un ancien phare et à quelques maisons dispersées, donnant l’impression d’avoir atteint le bout du monde. Ce mouillage est particulièrement apprécié en croisière pour les nuits calmes qu’il procure lorsque les conditions de vent sont favorables. Depuis la plage, un sentier permet de remonter vers l’intérieur de l’île en direction de la mystérieuse Valle dei Mostri, la « vallée des monstres ».

Cette vallée doit son nom aux formes étranges des blocs de lave et des bombes volcaniques éparpillés sur le terrain. L’érosion a sculpté ces masses rocheuses en silhouettes anthropomorphes ou animales, que chacun interprète selon son imagination. Marcher dans la Valle dei Mostri, c’est un peu comme traverser un musée de sculptures naturelles, où chaque rocher raconte une histoire d’explosion ancienne. Prévoyez de bonnes chaussures de randonnée et évitez les heures les plus chaudes de la journée. Cette excursion complète parfaitement l’expérience de l’ascension de La Fossa, en offrant une autre facette du volcanisme de Vulcano.

Stromboli : croisière nocturne face à l’activité éruptive permanente

Au nord-est de l’archipel, Stromboli est sans doute l’île la plus spectaculaire pour qui s’intéresse de près aux volcans actifs. Surnommé le « phare de la Méditerranée », ce stratovolcan est en éruption quasi continue depuis plus de 2 000 ans. Sa silhouette conique, se dressant à plus de 900 m au-dessus du niveau de la mer et plongeant à plus de 2 000 m sous la surface, témoigne de sa puissance. Une croisière à Stromboli permet d’observer son activité strombolienne typique : des explosions modérées et régulières, projetant des gerbes de lave incandescente dans le ciel nocturne.

Observation des explosions stromboliennes depuis punta labronzo

Sur la façade nord-ouest de l’île, le promontoire de Punta Labronzo constitue l’un des meilleurs postes d’observation pour admirer le volcan en activité. De nombreux bateaux de croisière viennent s’y positionner à la tombée de la nuit, orientés vers la Sciara del Fuoco, ce vaste couloir de débris où dévalent les blocs incandescents. Les explosions, survenant en moyenne toutes les 10 à 20 minutes, projettent des bombes de lave pouvant atteindre plusieurs centaines de mètres de hauteur. Vu depuis la mer, le spectacle est à la fois grandiose et rassurant, car vous restez à bonne distance des zones dangereuses.

Pour profiter pleinement de cette expérience, il est conseillé de prévoir des vêtements chauds même en été, car le vent peut se montrer frais en soirée. Une paire de jumelles ou un téléobjectif permet de distinguer plus finement les projections et les panaches de cendres. Les capitaines locaux connaissent bien les distances de sécurité à respecter et adaptent la position du bateau en fonction des conditions de mer et de l’intensité de l’activité. Vous serez frappé par le contraste entre l’obscurité de la nuit, le grondement sourd des explosions et l’éclat orangé des fontaines de lave.

Débarquement à scari et trekking guidé vers la sciara del fuoco

Le principal point d’arrivée à Stromboli est le village de Scari, avec son quai d’accostage et sa plage de sable noir. De là partent les sentiers de randonnée qui rejoignent les belvédères surplombant la Sciara del Fuoco, généralement jusqu’à 290–400 m d’altitude selon la réglementation en vigueur. Depuis 2019, l’accès au sommet à plus de 900 m est interdit pour des raisons de sécurité, mais les randonnées encadrées par des guides vulcanologues offrent déjà une vue impressionnante sur les cratères et les coulées de débris. Le chemin traverse d’abord des vignobles et des jardins, avant de s’élever sur des pentes plus arides couvertes de cendres.

Une excursion typique commence en fin d’après-midi pour atteindre le point de vue au moment du crépuscule. Vous assistez alors aux premières explosions dans la pénombre, les panaches de lave rougeoyante se détachant sur le ciel qui s’assombrit. Le retour se fait à la frontale, sur un terrain de cendres meubles parfois glissant, ce qui nécessite une bonne condition physique et des chaussures adaptées. Les guides fournissent des informations précises sur la dynamique éruptive, les mesures de surveillance et les consignes d’évacuation en cas de changement brusque d’activité. Réserver à l’avance est fortement recommandé, surtout en haute saison, car le nombre de participants est limité pour des raisons de sécurité.

Navigation circumnavigationelle et phénomènes de bioluminescence marine

En dehors de la classique attente nocturne face à la Sciara del Fuoco, de nombreux navigateurs choisissent de réaliser une circumnavigation de Stromboli. Ce tour complet de l’île en bateau permet d’observer ses différentes faces, du minuscule village de Ginostra perché sur les pentes abruptes aux falaises désertes battues par la houle. En longeant la côte, vous remarquez les coulées de lave plus anciennes, figées en orgues basaltiques, et les cicatrices laissées par les effondrements de flanc. C’est l’occasion de prendre la mesure du gigantisme du volcan, dont la plus grande partie demeure immergée.

Par nuits calmes et sans lune, certains équipages rapportent l’observation de phénomènes de bioluminescence dans le sillage du bateau. De minuscules organismes planctoniques, comme les dinoflagellés, émettent une lumière bleutée lorsqu’ils sont perturbés par le mouvement de l’eau. Vous avez alors l’impression de naviguer au-dessus d’un ciel étoilé inversé, chaque vague se parant de reflets phosphorescents. Ces manifestations naturelles, bien que discrètes, renforcent le caractère magique d’une croisière nocturne à Stromboli, où le feu du volcan répond à la lumière des organismes marins.

Le village de ginostra accessible uniquement par voie maritime

Sur le versant sud-ouest de l’île, Ginostra est longtemps resté l’un des villages les plus isolés d’Italie. Accessible uniquement par la mer, il ne possédait qu’un minuscule débarcadère, surnommé le « plus petit port du monde », avant l’aménagement récent d’une jetée plus fonctionnelle. Le hameau, composé de quelques maisons blanches aux volets colorés, s’étage sur les pentes raides, relié par des ruelles pavées et des escaliers. Ici, pas de routes carrossables : les déplacements se faisaient autrefois à dos d’âne, ce qui a permis de préserver l’authenticité des lieux.

Une escale à Ginostra durant votre croisière aux îles Éoliennes permet de goûter à une atmosphère suspendue dans le temps. Quelques hébergements et restaurants proposent une cuisine simple, à base de produits locaux et de poisson frais. En se promenant dans les ruelles, on découvre des citernes d’eau de pluie, des jardins en terrasse et de petites chapelles, témoins d’une adaptation ingénieuse à un environnement difficile. Le soir, l’absence quasi totale de pollution lumineuse offre un ciel étoilé d’une rare intensité, parfois éclipsé seulement par l’éclat des explosions du volcan.

Salina : biodiversité méditerranéenne et production viticole de malvasia

À environ 4 milles nautiques à l’ouest de Lipari, Salina se distingue par sa végétation plus dense et ses reliefs arrondis. Surnommée l’« île verte » de l’archipel, elle abrite une mosaïque d’écosystèmes méditerranéens, des maquis parfumés aux cultures en terrasses. Salina est dominée par deux anciens volcans jumeaux, la Fossa delle Felci et le Monte dei Porri, dont les pentes fertiles accueillent vignobles, oliveraies et câpres. Une croisière à Salina conjugue ainsi exploration nature, randonnées panoramiques et découvertes gastronomiques autour de la fameuse Malvasia delle Lipari.

Réserve naturelle de fossa delle felci et monte dei porri

Classée réserve naturelle régionale, la Fossa delle Felci constitue le point culminant de l’archipel, avec 962 m d’altitude. Son nom, littéralement « fosse des fougères », évoque la végétation luxuriante qui recouvre ses pentes et son cratère éteint. Le sentier d’ascension, accessible depuis différents villages comme Santa Marina ou Valdichiesa, traverse successivement des cultures en terrasses, des bois de châtaigniers et des zones de maquis dense. Au fil de la montée, la vue se dégage sur le reste de l’archipel, offrant par temps clair un panorama à 360° allant jusqu’à l’Etna.

Le Monte dei Porri, plus bas mais tout aussi intéressant, propose des itinéraires de randonnée complémentaires pour ceux qui souhaitent diversifier les points de vue. Les deux volcans, enserrant une vallée centrale, composent un paysage harmonieux où alternent pentes abruptes et replats cultivés. Pour les marcheurs en croisière, il est conseillé de prévoir une journée complète pour l’ascension de la Fossa delle Felci, avec de bonnes chaussures et une réserve d’eau suffisante. La richesse floristique de la réserve, comptant de nombreuses espèces endémiques, ravira les amateurs de botanique et de photographie de nature.

Vignobles en terrasses de malfa et caves de dégustation

Les versants de Salina sont tapissés de vignobles en terrasses, soutenus par des murets de pierre sèche qui dessinent un véritable patchwork paysager. Le village de Malfa, sur la côte nord, est particulièrement réputé pour la qualité de ses domaines viticoles. C’est ici que l’on produit la Malvasia delle Lipari, un vin doux naturel élaboré à partir de raisins malvoisie vendangés tardivement puis passerillés au soleil. Le climat chaud et ventilé de l’île, combiné à la porosité des sols volcaniques, favorise une concentration exceptionnelle des arômes.

De nombreuses caves ouvrent leurs portes aux visiteurs pour des dégustations commentées et des visites de vignobles. Vous pouvez ainsi découvrir les différentes interprétations de la Malvasia : versions traditionnelles liquoreuses, déclinaisons plus sèches, ou encore assemblages avec d’autres cépages locaux. Une halte œnotouristique à Malfa se prête parfaitement à une après-midi à terre au cours d’une croisière autour de Salina. Les producteurs mettent souvent en avant des pratiques respectueuses de l’environnement, avec une tendance croissante vers la viticulture biologique ou biodynamique.

Production artisanale de câpres IGP à pollara

Sur la côte ouest de Salina, le hameau de Pollara s’ouvre sur un amphithéâtre naturel de falaises de tuf clair plongeant dans une mer d’un bleu profond. Outre ce décor spectaculaire, rendu célèbre par le film « Il Postino », Pollara est également un haut lieu de production de câpres de qualité. Les câpriers, arbustes résistants à la sécheresse, prospèrent sur les terrasses pierreuses en surplomb de la mer. Les boutons floraux, récoltés à la main entre mai et août, sont ensuite mis à macérer dans le sel ou le vinaigre, développant des arômes intenses et complexes.

Les câpres de Salina bénéficient d’une indication géographique protégée (IGP), gage de qualité et de typicité. En visitant les petites exploitations familiales de Pollara, vous découvrez les différentes étapes de la production, souvent perpétuées depuis plusieurs générations. C’est l’occasion de déguster des spécialités locales comme les salades de tomates aux câpres, les tartines de pain rustique garnies de pâte de câpres ou encore les plats de poisson relevés de cette saveur piquante. Pour les gourmets en croisière, repartir avec quelques bocaux de câpres IGP de Salina constitue un souvenir à la fois authentique et facile à transporter.

Panarea et son archipel : mouillage dans les criques volcaniques et vestiges préhistoriques

Plus petite île habitée des Éoliennes, Panarea séduit par son allure de village chic aux maisons blanches et bougainvilliers éclatants. Mais derrière son image de destination confidentielle se cache un patrimoine historique et géologique remarquable, souvent méconnu. Autour de l’île principale, un chapelet de petits îlots – Basiluzzo, Dattilo, Lisca Bianca, Lisca Nera – forme un micro-archipel idéal pour la navigation de plaisance. Une croisière à Panarea permet ainsi d’alterner mouillages dans des criques volcaniques, plongées sur des fonds hydrothermaux et visites culturelles d’un site préhistorique exceptionnel.

Village préhistorique du capo milazzese datant de l’âge du bronze

Sur la pointe sud-est de Panarea, le Capo Milazzese abrite les vestiges d’un village protohistorique occupé entre le XIVe et le XIIIe siècle avant J.-C. Une trentaine de huttes circulaires, construites en pierres sèches, s’organisent en hameau sur un promontoire dominant la mer. Les fouilles archéologiques ont mis au jour des céramiques, des objets métalliques et des restes alimentaires qui témoignent d’une communauté vivant de pêche, d’agriculture et d’échanges maritimes. Le site, parfaitement mis en valeur, se visite librement via un sentier partant du village principal.

Se promener au milieu de ces ruines face à la Méditerranée offre une plongée fascinante dans l’Âge du Bronze, à une époque où les îles Éoliennes jouaient déjà un rôle dans les réseaux d’échanges de l’obsidienne et d’autres ressources. La disposition des maisons, la présence d’aires de stockage et de foyers permettent d’imaginer le quotidien de ces populations insulaires. En combinant cette visite avec une escale en croisière à Panarea, vous reliez directement l’histoire ancienne de la navigation aux pratiques contemporaines de la plaisance.

Plongée aux îlots de basiluzzo et évents hydrothermaux sous-marins

À quelques encablures de Panarea, l’îlot de Basiluzzo se dresse comme un bloc de tuf impressionnant émergeant des flots. Ses falaises verticales, entaillées de grottes marines, abritent une faune sous-marine particulièrement riche. Le secteur est réputé pour ses évents hydrothermaux sous-marins, où des panaches de bulles s’échappent du fond, rappelant que l’activité volcanique est toujours présente sous la surface. Les plongeurs peuvent y observer des jeux de lumière saisissants, les colonnes de bulles filtrant les rayons du soleil comme un rideau translucide.

Les clubs de plongée locaux proposent des sorties spécifiques vers Basiluzzo et les îlots voisins, adaptées aussi bien aux plongeurs débutants qu’aux niveaux plus avancés. Le relief sous-marin alterne tombants, plateaux rocheux et zones sablonneuses, offrant une grande diversité d’habitats. Pour les navigateurs préférant le snorkeling, certaines criques abritées permettent déjà de profiter de ces phénomènes hydrothermaux à faible profondeur. Il est important de se laisser encadrer par des professionnels connaissant bien les lieux, afin de respecter les règles de sécurité et de préservation de l’écosystème.

Cala junco et ses formations de lave en colonnes prismatiques

Au pied du Capo Milazzese, la crique de Cala Junco figure parmi les plus beaux mouillages des Éoliennes. Cette anse presque fermée adopte la forme d’un amphithéâtre, entourée de falaises constituées de coulées de lave en colonnes prismatiques. Ce phénomène, lié au refroidissement lent et régulier de la lave, crée des structures hexagonales rappelant celles de la Chaussée des Géants en Irlande ou de certains sites islandais. Depuis la mer, ces orgues de basalte se dressent comme les gradins d’un théâtre naturel, au centre duquel scintille une eau turquoise.

Un sentier relie le site préhistorique du Capo Milazzese à la crique, permettant de combiner découverte archéologique et baignade rafraîchissante. Depuis votre bateau, vous pouvez mouiller à l’extérieur de la calanque puis rejoindre la plage à la nage ou en annexe, selon la fréquentation et les instructions des autorités maritimes. En été, Cala Junco attire de nombreux plaisanciers ; il est donc préférable d’y arriver tôt le matin ou en fin d’après-midi pour profiter d’une ambiance plus paisible. L’observation des colonnes prismatiques, tant depuis la mer que depuis le sentier surplombant la crique, offre une leçon de géologie grandeur nature.

Filicudi et alicudi : navigation vers les îles sauvages et écosystèmes préservés

Plus à l’ouest de l’archipel, Filicudi et Alicudi incarnent le visage le plus sauvage et préservé des îles Éoliennes. Moins fréquentées que Lipari ou Panarea, elles séduisent les navigateurs en quête de calme, de mouillages peu urbanisés et de paysages quasiment intacts. Les reliefs escarpés, les villages réduits à quelques hameaux et l’absence de grandes infrastructures touristiques confèrent à ces îles une atmosphère de bout du monde. Une croisière à Filicudi et Alicudi demande une certaine autonomie, mais récompense les marins par une immersion profonde dans la nature méditerranéenne.

La canna di filicudi : monolithe basaltique de 71 mètres

Au large de la côte nord-ouest de Filicudi se dresse La Canna, un spectaculaire monolithe basaltique de 71 m de hauteur. Ce pinacle rocheux, vestige d’une ancienne cheminée volcanique, émerveille par sa silhouette élancée qui semble défier l’équilibre. En s’en approchant par la mer, on distingue les structures hexagonales de la colonne, témoignant du refroidissement lent du magma dans la conduite d’alimentation du volcan. La Canna constitue un repère visuel majeur pour les navigateurs et un symbole de l’identité géologique de Filicudi.

Les eaux profondes qui entourent ce rocher en font un site de plongée prisé, où l’on peut observer des gorgones colorées, des bancs de poissons pélagiques et parfois des grands pélagiques de passage. Le mouillage à proximité nécessite cependant prudence et maîtrise, en raison des fonds importants et des possibles courants. De nombreux équipages choisissent de faire un simple tour d’observation, appareil photo en main, avant de gagner un mouillage plus abrité sur la côte de Filicudi. La contemplation de La Canna, isolée au milieu des flots, renforce l’impression d’évoluer dans un archipel où la force du volcanisme est omniprésente.

Village abandonné de zucco grande et architecture éolienne traditionnelle

Sur les pentes de Filicudi, le hameau de Zucco Grande offre un témoignage émouvant de l’architecture rurale éolienne. Progressivement abandonné au cours du XXe siècle, en raison de l’exode vers les plaines siciliennes ou l’étranger, ce village présente aujourd’hui un ensemble de maisons en pierre en partie envahies par la végétation. Les habitations typiques, aux murs blanchis à la chaux, étaient dotées de terrasses couvertes, de citernes pour la collecte des eaux pluviales et de jardins en terrasse. On y reconnaît les éléments caractéristiques de la maison éolienne : colonnes cylindriques, pergolas et toits plats.

Une randonnée depuis le port de Filicudi permet de rejoindre Zucco Grande en suivant d’anciens chemins muletiers qui serpentent entre terrasses et murets de pierre sèche. Pour les voyageurs en croisière, cette excursion constitue une immersion dans un passé encore proche, où la vie était rythmée par l’agriculture, la pêche et l’autonomie énergétique. Observer ces maisons abandonnées, parfois restaurées comme résidences secondaires, invite à réfléchir à l’évolution démographique et économique des îles. C’est aussi l’occasion de profiter de magnifiques points de vue sur la mer et sur La Canna, en contrebas.

Alicudi : dernière île habitée sans routes carrossables

À l’extrême ouest de l’archipel, Alicudi est souvent décrite comme l’île la plus authentique et la plus isolée des Éoliennes. Ici, aucune route carrossable ne sillonne les pentes abruptes : seuls des escaliers et des sentiers muletiers relient le minuscule port aux maisons disséminées jusqu’à plus de 400 m d’altitude. Les déplacements se font à pied, parfois avec l’aide de mules pour le transport des charges lourdes. Cette absence d’infrastructures routières a permis de préserver un mode de vie simple et une tranquillité rare, loin de l’agitation des destinations touristiques classiques.

Pour les navigateurs, une escale en croisière à Alicudi se traduit par des mouillages face à un village en terrasses, où le temps semble s’être arrêté. En débarquant, vous arpentez des escaliers de pierre qui grimpent rapidement à flanc de volcan, offrant des vues de plus en plus larges sur la mer Tyrrhénienne. Quelques chambres d’hôtes, une petite épicerie, une église et quelques barques de pêche composent l’essentiel des infrastructures. Les randonneurs aguerris peuvent s’aventurer plus haut vers le sommet, en empruntant d’anciens chemins bordés de figuiers de Barbarie et de murets de pierre.

Alicudi constitue un choix idéal pour ceux qui souhaitent déconnecter et se recentrer sur l’essentiel : la mer, le vent, le rythme du soleil. La nuit, l’absence de pollution lumineuse dévoile un ciel étoilé spectaculaire, souvent accompagné du bruit régulier des vagues sur les galets. En quittant Alicudi, beaucoup de marins gardent le sentiment d’avoir touché du doigt une Méditerranée presque originelle, où l’homme vit encore au diapason des éléments naturels.