# Croisières écoresponsables : quelles compagnies misent sur la durabilité ?

L’industrie des croisières traverse actuellement une transformation majeure face aux défis environnementaux du XXIe siècle. Longtemps critiqué pour son empreinte carbone considérable et ses rejets polluants, ce secteur touristique particulièrement gourmand en énergie entreprend aujourd’hui une mutation profonde vers des pratiques plus durables. Les compagnies maritimes investissent des milliards dans des technologies innovantes, repensent leurs infrastructures et adoptent des carburants alternatifs pour réduire drastiquement leur impact environnemental. Cette révolution verte, motivée par une prise de conscience collective et une pression réglementaire croissante, redessine le paysage des voyages en mer. Les croisiéristes soucieux de leur empreinte écologique disposent désormais d’options véritablement écoresponsables, portées par des armateurs pionniers qui transforment l’industrie en profondeur.

Technologies de propulsion alternatives : GNL, hydrogène et voiles automatisées

La révolution technologique dans le secteur des croisières maritimes commence par la transformation des systèmes de propulsion. Les armateurs abandonnent progressivement le fioul lourd traditionnel, extrêmement polluant, au profit de solutions énergétiques nettement moins nocives pour l’environnement. Cette transition représente un investissement colossal, estimé à plus de 23 milliards d’euros entre 2020 et 2025, mais elle constitue une réponse indispensable aux enjeux climatiques actuels. Les avancées technologiques permettent aujourd’hui de concevoir des navires dont l’efficacité énergétique surpasse de 30 à 40% celle de la génération précédente, transformant ainsi radicalement l’impact environnemental du tourisme maritime.

Moteurs au gaz naturel liquéfié (GNL) : MSC world europa et costa smeralda

Le gaz naturel liquéfié s’impose comme la solution de transition privilégiée par les grands acteurs du secteur. Cette technologie permet de réduire jusqu’à 25% les émissions de CO2, d’éliminer quasi totalement les émissions d’oxydes de soufre (99% de réduction) et de diminuer significativement les particules fines et les oxydes d’azote (jusqu’à 85% de réduction). Costa Croisières a ouvert la voie en 2019 avec le lancement du Costa Smeralda, premier paquebot de grande capacité propulsé exclusivement au GNL, suivi du Costa Toscana en 2022. MSC Croisières a poursuivi dans cette direction avec le MSC World Europa, inauguré en 2022, qui bénéficie également d’une motorisation GNL de dernière génération.

Cette technologie représente toutefois une solution intermédiaire plutôt qu’une réponse définitive aux enjeux environnementaux. Le GNL, composé principalement de méthane, présente un pouvoir de réchauffement climatique nettement supérieur au CO2 en cas de fuites. Les compagnies travaillent donc intensivement à minimiser ces pertes et développent simultanément des alternatives encore plus vertueuses pour atteindre leurs objectifs de neutralité carbone d’ici 2050.

Piles à combustible hydrogène : projets pilotes de hurtigruten norway

L’hydrogène représente l’avenir de la propulsion maritime zéro émission. Hurtigruten Norway, compagnie norvégienne pionnière dans le domaine des croisières durables, développe actuellement des projets ambitieux autour de cette technologie révolutionnaire. Son programme Sea Zero vise à mettre en service le premier navire de croisière côtière à émissions nulles d’ici 2030, une

ambition qui repose en grande partie sur l’intégration de piles à combustible fonctionnant à l’hydrogène vert. Concrètement, ces systèmes convertissent l’énergie chimique de l’hydrogène en électricité, sans combustion et donc sans émissions directes de CO₂, uniquement de la vapeur d’eau. Hurtigruten Norway mène actuellement des essais en conditions réelles sur des modules de plusieurs centaines de kilowatts, avec pour objectif de couvrir une part croissante de la propulsion et des besoins électriques à bord. À terme, ces technologies permettraient d’effectuer des segments entiers de navigation côtière en mode zéro émission, en particulier dans les fjords et zones naturelles sensibles.

Le principal défi réside dans la production et le stockage de l’hydrogène vert, issu d’énergies renouvelables, ainsi que dans le déploiement d’une infrastructure de ravitaillement adaptée le long des routes maritimes. Les ports norvégiens, parmi les plus avancés au monde en matière de transition énergétique, travaillent déjà à la mise en place de hubs dédiés. Pour les voyageurs en quête de croisières écoresponsables, ces projets pilotes annoncent une nouvelle génération de navires où le bruit, les vibrations et la pollution atmosphérique seront considérablement réduits, améliorant à la fois le confort à bord et la protection des écosystèmes marins.

Système SkySails et voiles rigides : technologie oceanwings sur celebrity cruises

Au-delà des carburants alternatifs, la réintroduction de la voile dans la propulsion maritime ouvre des perspectives étonnamment modernes. Des systèmes comme SkySails – un immense cerf-volant tracteur déployé à l’avant du navire – ou les voiles rigides automatisées de type Oceanwings permettent de réduire significativement la consommation de carburant en utilisant la force du vent. Celebrity Cruises, intégré au Royal Caribbean Group, s’est positionné sur ces technologies en menant des tests sur des solutions de voiles rigides automatisées, capables d’ajuster en temps réel leur orientation et leur surface en fonction des conditions météorologiques.

Ces voiles de nouvelle génération fonctionnent un peu comme des ailes d’avion dressées verticalement : leur profil aérodynamique génère une poussée horizontale qui vient soulager les moteurs principaux. Sur certains profils de route, notamment en Méditerranée ou dans l’Atlantique Nord, les gains peuvent atteindre 10 à 20% de carburant économisé, ce qui se traduit par une réduction directe des émissions de CO₂ et de polluants atmosphériques. Pour vous, passager, cela signifie des croisières plus silencieuses, où l’on peut littéralement « naviguer avec le vent » tout en diminuant son empreinte environnementale.

Ces systèmes ne remplacent pas encore totalement la propulsion mécanique, mais ils constituent une brique importante du mix énergétique des navires de demain. Combinés au GNL, aux biocarburants ou à l’hydrogène, les cerfs-volants tracteurs et voiles rigides permettent de lisser la consommation énergétique, un peu comme un vélo à assistance électrique qui réduit l’effort sans l’éliminer. À mesure que les algorithmes de routage météo et les matériaux composites progressent, on peut s’attendre à voir davantage de paquebots arborer ces silhouettes futuristes, symboles d’un retour assumé à une navigation plus sobre.

Propulsion électrique hybride : architecture navale de ponant et le commandant charcot

La propulsion électrique hybride occupe une place centrale dans la stratégie de décarbonation de la compagnie française Ponant. Son navire amiral d’exploration polaire, Le Commandant Charcot, en est l’illustration la plus avancée. Ce brise-glace de haute exploration combine une propulsion « dual fuel » fonctionnant au gaz naturel liquéfié (GNL) avec de puissants moteurs électriques alimentés par des batteries de grande capacité. Cette architecture permet de naviguer en mode tout électrique pendant plusieurs heures, notamment lors des manœuvres dans la glace ou à proximité des côtes sensibles, éliminant alors presque totalement les émissions atmosphériques et sonores.

Conçu dès l’origine avec une approche d’éco-conception, le navire bénéficie d’une carène optimisée, de systèmes de récupération d’énergie (notamment sur les gaz d’échappement) et d’un pilotage énergétique fin grâce à des logiciels de gestion en temps réel. Comparé à un brise-glace conventionnel, Le Commandant Charcot réduit drastiquement ses consommations spécifiques, tout en respectant des normes environnementales plus strictes que les exigences de l’OMI. Pour les croisiéristes qui souhaitent explorer l’Arctique ou l’Antarctique de manière responsable, ce type de propulsion hybride offre un compromis rare entre confort, sécurité et sobriété énergétique.

Hurtigruten group : pionnier scandinave de la navigation zéro émission

Référence mondiale en matière de croisières durables, Hurtigruten Group – qui regroupe Hurtigruten Norway et Hurtigruten Expeditions – a fait de la neutralité carbone un objectif stratégique. Opérant principalement le long des côtes norvégiennes et dans les régions polaires, la compagnie se trouve en première ligne face aux impacts du changement climatique sur les écosystèmes fragiles. C’est ce contexte qui l’a poussée à investir massivement dans des solutions de propulsion hybride, dans les biocarburants et dans la réduction systématique des déchets à bord. Résultat : Hurtigruten fait figure de laboratoire grandeur nature de la croisière écoresponsable.

MS roald amundsen : premier navire hybride batterie-électrique au monde

Mis en service en 2019, le MS Roald Amundsen est souvent cité comme le premier navire d’expédition au monde doté d’un système de propulsion hybride batterie-électrique. Ses moteurs diesel de dernière génération sont couplés à des batteries lithium-ion qui stockent l’énergie excédentaire et la restituent lors des phases de faible demande. Cette combinaison permet de réduire jusqu’à 20% les émissions de CO₂ par rapport à un navire conventionnel de taille comparable, tout en limitant le bruit sous-marin, un élément crucial pour la protection de la faune marine.

En pratique, le navire peut évoluer en mode tout électrique pendant de courts segments, par exemple lors des approches de glaciers ou des navigations dans des fjords étroits. Pour vous, voyageur, cela se traduit par des moments de navigation quasi silencieuse, où seuls les bruits de la glace et des oiseaux viennent rompre le calme ambiant. Cet exemple illustre bien comment la technologie peut servir à la fois la réduction de l’empreinte environnementale et la qualité de l’expérience à bord, deux dimensions indissociables d’une croisière durable.

Programme sea zero : objectif navire à émissions nulles pour 2030

Afin d’aller au-delà de la simple réduction d’émissions, Hurtigruten Norway a lancé le programme Sea Zero, en partenariat avec plusieurs instituts de recherche et acteurs industriels norvégiens. L’objectif affiché est ambitieux : concevoir et mettre à l’eau d’ici 2030 un navire de croisière côtière à émissions nulles, capable de parcourir la route historique de Bergen à Kirkenes sans recourir aux carburants fossiles. Ce futur navire devrait combiner batteries de très grande capacité, hydrogène ou ammoniac vert, panneaux solaires intégrés aux superstructures et systèmes de récupération d’énergie innovants.

Le concept inclut également une coque ultra-optimisée, dotée de capteurs intelligents pour limiter la résistance à l’avancement, ainsi que des technologies de voiles auxiliaires pour exploiter au mieux les vents côtiers. Si le pari est tenu, nous pourrions assister à une véritable révolution dans la croisière côtière, avec des navires qui deviendraient des vitrines flottantes de la décarbonation maritime. Pour les passagers, choisir une traversée sur un navire issu du programme Sea Zero sera un moyen concret de soutenir l’innovation et de réduire au maximum l’impact de leurs vacances.

Biocarburant et huile de cuisson recyclée : itinéraires côtiers norvégiens

En parallèle de ces projets de long terme, Hurtigruten a déjà commencé à verdir significativement sa flotte existante grâce aux biocarburants. Sur plusieurs itinéraires côtiers norvégiens, la compagnie mélange désormais du gasoil marin avec des biocarburants issus d’huile de cuisson recyclée. Cette solution, certifiée durable, permet de réduire les émissions nettes de gaz à effet de serre sur l’ensemble du cycle de vie, sans nécessiter de modifications majeures des moteurs. C’est un peu l’équivalent, pour un navire, du passage au biodiesel pour une flotte de bus urbains.

Les pourcentages de mélange varient selon les ports et les disponibilités, mais certaines traversées affichent déjà une part significative de biocarburant dans leur mix énergétique. Pour vous informer, Hurtigruten communique de plus en plus clairement sur ces taux, afin que vous puissiez comparer l’empreinte carbone de différents itinéraires. Ce type d’initiative, facilement reproductible à grande échelle, montre que la transition vers des croisières écoresponsables passe aussi par des solutions pragmatiques et immédiatement déployables.

Suppression du plastique à usage unique : 5 millions d’articles éliminés annuellement

La lutte contre la pollution plastique constitue un autre pilier de la stratégie environnementale de Hurtigruten. Depuis 2018, la compagnie a supprimé progressivement tous les articles en plastique à usage unique à bord de ses navires : pailles, gobelets, couverts, emballages individuels, bouteilles d’eau, etc. Selon ses propres estimations, ce sont plus de 5 millions d’objets plastiques qui sont ainsi évités chaque année, autant d’éléments qui ne risquent plus de finir dans les océans ou les décharges.

Pour vous, cette démarche se traduit par la mise à disposition de gourdes réutilisables, de fontaines à eau filtrée et d’emballages en matériaux compostables ou recyclables. Ce changement peut sembler anecdotique au regard des enjeux climatiques globaux, mais il a un fort impact symbolique et pédagogique. En embarquant sur un navire où le plastique jetable a été banni, vous expérimentez concrètement ce que pourrait être un tourisme de demain, plus sobre en ressources et plus attentif aux déchets produits.

Ponant : luxe français et certification green marine

Ponant occupe une position singulière dans le paysage des croisières écoresponsables : celle d’un armateur de luxe qui fait de l’excellence environnementale un élément central de sa promesse client. Spécialisée dans les yachts d’expédition de petite capacité, la compagnie française mise sur une approche d’éco-conception poussée, sur des itinéraires limitant le surtourisme et sur une politique de transparence vis-à-vis de ses impacts. Ponant a rejoint le programme de certification Green Marine Europe, qui évalue chaque année les performances des armateurs selon plusieurs critères (émissions, bruit sous-marin, gestion des déchets, etc.), avec des niveaux de progression à atteindre.

Le commandant charcot : brise-glace polaire propulsé au GNL

Navire amiral de cette stratégie, Le Commandant Charcot est le premier brise-glace d’exploration polaire propulsé au GNL au monde. Ce carburant, bien que perfectible, permet de réduire drastiquement les émissions de soufre et de particules fines par rapport au fioul lourd traditionnel, un enjeu crucial dans des régions aussi sensibles que l’Arctique et l’Antarctique. Le navire dispose également de systèmes de traitement avancés des eaux usées et des résidus de combustion, limitant au maximum les rejets à la mer. En mode hybride électrique, il peut même naviguer sans aucun rejet atmosphérique pendant plusieurs heures.

La conception même du navire a été pensée pour minimiser les impacts sur la faune et la flore polaires : réduction du bruit sous-marin, limitation de la vitesse dans les zones sensibles, hélices et formes de carène optimisées pour fendre la glace en limitant la consommation d’énergie. Pour les passagers, embarquer à bord du Commandant Charcot, c’est participer à des expéditions où la science citoyenne, l’observation respectueuse et la sobriété énergétique sont au cœur de l’expérience, loin de l’image des « villes flottantes » surdimensionnées.

Système de traitement catalytique sélectif (SCR) et filtres à particules

Au-delà du choix des carburants, Ponant a investi dans des systèmes de dépollution des gaz d’échappement particulièrement performants. La majorité de sa flotte récente est équipée de modules de réduction catalytique sélective (SCR), qui injectent un agent réducteur (souvent de l’urée) dans les gaz d’échappement afin de transformer les oxydes d’azote (NOx) en azote et en eau. Cette technologie permet de respecter, voire de dépasser, les normes les plus strictes actuellement en vigueur pour le transport maritime.

Des filtres à particules complètent ce dispositif sur certains navires, réduisant fortement les émissions de suies, responsables de la pollution de l’air et du dépôt de particules noires sur les glaces polaires. Contrairement à d’autres compagnies, Ponant a fait le choix de ne pas utiliser de scrubbers à boucle ouverte, ces laveurs de fumées qui peuvent transférer une partie de la pollution de l’air vers la mer. Cette position, plus exigeante, illustre une volonté de limiter les impacts sur l’ensemble du cycle, même si elle implique des coûts supplémentaires et une complexité technique accrue.

Yachts expéditionnaires : classe explorer et systèmes de positionnement dynamique

Les yachts d’expédition de la classe Explorer de Ponant ont également été pensés pour réduire leur empreinte environnementale, en particulier lors des escales dans des zones dépourvues d’infrastructures portuaires. Ils sont équipés de systèmes de positionnement dynamique, basés sur une combinaison de GPS de haute précision, de propulseurs d’étrave et de pods azimutaux. Ces dispositifs permettent de maintenir le navire à une position fixe sans jeter l’ancre, évitant ainsi d’endommager les fonds marins, notamment les herbiers et les récifs.

Cette technologie est particulièrement utile dans les aires marines protégées, où l’ancrage est souvent strictement encadré. Pour les passagers, cela signifie des débarquements en zodiac plus respectueux des écosystèmes, ainsi qu’une meilleure intégration avec les communautés locales visitées. Combinée à des tailles de navire plus modestes (souvent moins de 200 passagers), cette approche réduit considérablement les pressions liées au surtourisme, un aspect souvent sous-estimé quand on parle de croisières écologiques.

Celebrity cruises et royal caribbean group : décarbonation à grande échelle

Si les compagnies d’expédition de petite taille jouent un rôle de pionnières, l’enjeu majeur de la transition réside aussi chez les grands acteurs du secteur. Royal Caribbean Group, qui regroupe notamment Royal Caribbean International, Celebrity Cruises et Silversea, transporte chaque année plusieurs millions de passagers. Son engagement en faveur de la décarbonation à grande échelle peut donc avoir un effet levier considérable. Le groupe s’est fixé l’objectif de zéro émission nette d’ici 2050 et de réduire de 25% l’intensité carbone de ses opérations d’ici 2025 par rapport à 2019.

Pour y parvenir, Royal Caribbean mise sur une combinaison de leviers : nouveaux navires alimentés au GNL, programmes de test de biocarburants en Europe, optimisation énergétique poussée via l’intelligence artificielle et généralisation de la connexion électrique à quai. Des pilotes de biocarburants ont par exemple été menés sur le Symphony of the Seas et le Celebrity Apex pendant plusieurs semaines, avec des résultats jugés prometteurs. Ces carburants avancés, issus de résidus organiques ou d’huiles usagées, pourraient à terme couvrir une part significative des besoins énergétiques, à condition que leur filière reste réellement durable.

Celebrity Cruises développe en parallèle de nouvelles classes de navires, comme la série Edge, caractérisées par une meilleure efficacité énergétique et des systèmes de traitement des eaux usées de pointe. L’installation de scrubbers en boucle fermée, de systèmes de récupération de chaleur et de technologies de gestion intelligente de la climatisation permet de réduire la consommation par passager, même sur des navires de grande capacité. Bien sûr, la question demeure : ces améliorations compensent-elles la croissance continue du nombre de croisiéristes ? En tant que voyageur, vous pouvez au moins privilégier les navires les plus récents et les itinéraires où la connexion électrique à quai est disponible, deux critères concrets pour réduire l’empreinte de votre croisière.

Lindblad Expeditions-National geographic : croisières d’exploration à faible impact

À l’opposé des géants des mers, Lindblad Expeditions – en partenariat avec National Geographic – a construit sa réputation sur des croisières d’exploration de petite taille, fortement axées sur la pédagogie et la science. Ses navires accueillent généralement entre 50 et 150 passagers, ce qui limite mécaniquement l’impact sur les destinations visitées. La compagnie a mis en place une batterie de mesures pour réduire son empreinte : compensation systématique des émissions résiduelles, réduction drastique du plastique à usage unique, utilisation croissante de biocarburants et investissements dans l’efficacité énergétique de la flotte.

Les navires récents, comme le National Geographic Endurance ou le National Geographic Resolution, disposent de coques renforcées pour la glace, de systèmes de propulsion plus sobres et d’outils de positionnement dynamique pour éviter l’ancrage dans les zones sensibles. Lindblad met également l’accent sur la contribution positive aux territoires visités, via des partenariats avec des communautés locales, des programmes de recherche scientifique embarquée et des dons à des ONG environnementales. En choisissant ce type de croisière, vous ne limitez pas seulement votre empreinte : vous contribuez aussi à financer des projets de conservation et de recherche.

Un autre aspect clé réside dans la formation des passagers. Conférences d’experts, ateliers sur la biodiversité, participation à la collecte de données (par exemple sur les mammifères marins ou les oiseaux) : tout est pensé pour transformer le voyageur en acteur de la préservation plutôt qu’en simple consommateur de paysages. Ce modèle, encore minoritaire, pourrait inspirer plus largement l’industrie, en montrant qu’une croisière écoresponsable ne se résume pas à la technologie, mais implique aussi un changement de culture et de comportement à bord.

Certifications environnementales : labels green marine europe et blue angel

Pour vous repérer dans la jungle des discours marketing autour de la « croisière verte », les certifications indépendantes jouent un rôle essentiel. En Europe, le programme Green Marine Europe s’impose progressivement comme une référence. Adapté du label nord-américain Green Marine, il évalue les compagnies maritimes selon une grille de performance couvrant plusieurs thématiques : émissions atmosphériques, bruit sous-marin, gestion des déchets, prévention des fuites d’hydrocarbures, etc. Les armateurs participants, comme Ponant ou Brittany Ferries, doivent publier chaque année leurs résultats et démontrer une amélioration continue pour conserver leur certification.

Un autre label de plus en plus mis en avant est le Blue Angel (Blauer Engel), écolabel officiel allemand, qui possède un volet spécifique pour les navires de croisière particulièrement respectueux de l’environnement. Il prend en compte des critères stricts en matière de qualité de l’air, de traitement des eaux usées, de gestion des déchets et de bruit. Très exigeant, ce label n’est attribué qu’à un nombre restreint de navires, ce qui en fait un indicateur fiable pour les voyageurs soucieux de choisir une croisière véritablement écoresponsable.

Comment utiliser concrètement ces labels dans votre choix de croisière ? Avant de réserver, vous pouvez vérifier si la compagnie ou le navire figure parmi les participants à Green Marine Europe ou détient des certifications comme Blue Angel, ISO 14001 ou la mention Clean Ship. N’hésitez pas à comparer les engagements chiffrés (réduction de CO₂ par passager, taux de branchement électrique à quai, suppression du plastique à usage unique) plutôt que de vous fier uniquement aux slogans. En posant ces questions, vous contribuez à renforcer la pression des consommateurs sur l’industrie, un levier puissant pour accélérer la transition vers des croisières plus durables.