# Cap sur la Croatie : les plus belles escales en croisière sur l’Adriatique

La Croatie s’impose aujourd’hui comme l’une des destinations phares pour les croisières en Méditerranée, attirant chaque année plusieurs millions de visiteurs désireux de découvrir ses trésors maritimes. Avec plus de 1 200 kilomètres de côtes découpées et près de 1 244 îles, îlots et récifs parsemant l’Adriatique, ce pays offre un patrimoine naturel et culturel d’une richesse exceptionnelle. Les eaux translucides aux nuances turquoise, les cités fortifiées classées au patrimoine mondial de l’UNESCO, et les villages dalmates aux toits de tuiles orange composent un tableau méditerranéen d’une beauté saisissante. Les compagnies maritimes comme CroisiEurope, MSC Croisières ou Costa ont compris l’attrait incomparable de ces rivages et proposent désormais des itinéraires variés permettant d’explorer ce littoral enchanteur. Entre vestiges romains, influences vénitiennes et nature préservée, chaque escale révèle une facette unique de l’identité croate.

Dubrovnik : perle médiévale et port d’embarquement stratégique de l’adriatique

Dubrovnik constitue l’escale emblématique de toute croisière adriatique, souvent point de départ ou d’arrivée des itinéraires maritimes. Anciennement connue sous le nom de Raguse, cette cité fortifiée du sud de la Dalmatie accueille chaque année plus de 800 navires de croisière au terminal de Gruž, situé à environ trois kilomètres du centre historique. Le transfert entre le port et la vieille ville s’effectue aisément en navette, taxi ou bus public en quinze minutes environ. L’arrivée maritime offre un spectacle grandiose avec la vision progressive des remparts ocre se détachant sur le bleu profond de l’Adriatique. Cette perle de l’Adriatique séduit immédiatement par son architecture préservée, ses fortifications imposantes et cette atmosphère unique où résonne encore l’écho de son passé de république maritime indépendante.

Les remparts de dubrovnik et la forteresse Saint-Jean : monuments UNESCO incontournables

L’enceinte fortifiée de Dubrovnik s’étend sur près de deux kilomètres et culmine par endroits à 25 mètres de hauteur. Édifiée principalement entre le XIIIe et le XVIe siècle, cette structure défensive comprend seize tours et quatre bastions qui témoignent du génie architectural militaire de l’époque. Le parcours complet sur les remparts nécessite environ deux heures de marche et offre des panoramas époustouflants sur la mer, le vieux port et les toits caractéristiques de la cité. L’ascension, bien que comportant plus de 1 000 marches, récompense les visiteurs par des vues photographiques incomparables, particulièrement spectaculaires en fin d’après-midi lorsque la lumière dorée embrase les pierres calcaires. La forteresse Saint-Jean, située à l’entrée du vieux port, abrite aujourd’hui un musée maritime fascinant retraçant l’histoire navale de la république de Raguse. Ces fortifications, inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979, constituent l’un des systèmes défensifs médiévaux les mieux conservés d’Europe.

La vieille ville de stradun : architecture baroque et patrimoine dalmate

La Placa, communément appelée Stradun, représente l’artère principale de la vieille ville sur près de 300 mètres de long. Cette rue pavée de calcaire poli par des siècles de passages relie la porte

de Pile à la porte Ploče. Bordée de façades baroques reconstruite après le séisme de 1667, elle concentre l’essentiel des bâtiments civils et religieux de la ville. On y trouve notamment la fontaine d’Onofrio, la colonne d’Orlando, l’église Saint-Blaise, le Palais Sponza et le Palais du Recteur, qui abrite aujourd’hui un musée retraçant l’histoire politique et maritime de la cité. En journée, Stradun fourmille de visiteurs, mais tôt le matin ou en soirée, l’ambiance devient plus feutrée, idéale pour apprécier l’architecture dalmate et s’imprégner de l’atmosphère locale.

Pour les croisiéristes faisant escale quelques heures à Dubrovnik, concentrer sa visite autour de Stradun et de ses ruelles adjacentes permet de découvrir un concentré de patrimoine en un temps limité. Les pavés lisses, qui reflètent la lumière comme un miroir par temps sec, donnent à la promenade un côté théâtral, renforcé par les nombreuses terrasses de cafés et de restaurants. N’hésitez pas à vous aventurer dans les petites venelles perpendiculaires à la rue principale : vous y trouverez des escaliers typiquement dalmates, des ateliers d’artisans et des points de vue intimistes sur les clochers et les toits de la vieille ville.

L’île de lokrum : réserve naturelle à 700 mètres du port de gruž

À seulement 700 mètres au large de Dubrovnik, l’île de Lokrum constitue une escapade nature idéale lors d’une escale prolongée. Classée réserve spéciale de végétation forestière, cette île boisée de pins, cyprès et oliviers est accessible en une quinzaine de minutes en bateau depuis le vieux port. Son littoral rocheux, percé de criques aux eaux limpides, permet de se baigner loin de l’animation urbaine tout en bénéficiant d’un panorama unique sur les remparts de Dubrovnik. Lokrum abrite également les vestiges d’un monastère bénédictin, un jardin botanique et un petit lac salé surnommé la « mer Morte », relié à l’Adriatique par des fissures souterraines.

Pour les passagers de croisière, Lokrum représente une parenthèse reposante entre deux visites culturelles, à condition de bien gérer son temps d’escale. L’île est entièrement piétonne, ce qui renforce cette impression de refuge à part, peuplé de paons en liberté et d’innombrables espèces végétales méditerranéennes. Prévoyez des chaussures adaptées aux rochers si vous souhaitez vous baigner, et emportez de l’eau ainsi qu’une protection solaire, car l’ombre est moins présente sur certaines portions du littoral. En combinant la visite des remparts de Dubrovnik le matin et une escapade sur Lokrum l’après-midi, vous obtenez l’un des plus beaux duos culture-nature de toute l’Adriatique.

Cavtat et la presqu’île de lapad : extensions côtières authentiques

Moins médiatisée que Dubrovnik mais tout aussi séduisante, la petite ville de Cavtat se situe à une vingtaine de kilomètres au sud du port de Gruž. Accessible en bus ou en bateau-taxi depuis la vieille ville, cette ancienne colonie grecque devenue cité romaine offre une ambiance balnéaire plus paisible, avec sa promenade de front de mer bordée de pins et ses maisons de pierre blonde. Flâner dans ses ruelles, visiter le mausolée de la famille Račić ou s’attarder sur une terrasse face aux yachts constitue une agréable alternative pour ceux qui souhaitent s’extraire de la foule. Cavtat est souvent proposée en excursion optionnelle par les compagnies de croisière, notamment dans le cadre d’itinéraires combinant culture et baignade.

Au plus près du port, la presqu’île de Lapad s’impose comme le poumon balnéaire de Dubrovnik. Facilement accessible en bus depuis Gruž, elle concentre plages aménagées, hôtels, sentiers de promenade et criques plus confidentielles. Vous pouvez y rejoindre à pied la baie de Lapad, très prisée des familles, mais aussi des zones plus sauvages sur la pointe de la presqu’île, idéales pour une baignade rapide entre deux excursions. Pour les croisiéristes qui restent une nuit à quai, loger ou dîner à Lapad permet de profiter d’un cadre plus résidentiel et de vues spectaculaires sur le soleil couchant derrière les îles Élaphites.

Split et le palais de dioclétien : escale archéologique sur la côte dalmate

Capitale officieuse de la Dalmatie centrale, Split est la deuxième ville de Croatie et l’un des ports de croisière les plus actifs de l’Adriatique. Le terminal se situe à quelques centaines de mètres seulement du centre historique, ce qui permet de rejoindre à pied, en dix minutes, le célèbre palais de Dioclétien. Construite au tournant du IVe siècle par l’empereur romain qui lui a donné son nom, cette résidence impériale fortifiée constitue l’un des ensembles antiques les mieux conservés au monde. Au fil des siècles, la ville s’est littéralement imbriquée dans les anciennes structures du palais, créant un tissu urbain unique où se superposent colonnes romaines, campaniles médiévaux et façades vénitiennes.

Le péristyle et les sous-sols dioclétiens : vestiges romains du IVe siècle

Le péristyle du palais de Dioclétien est le cœur symbolique de Split. Cette cour monumentale bordée de colonnades corinthiennes servait autrefois de lieu de cérémonie impériale ; aujourd’hui, elle accueille concerts, spectacles et rassemblements, créant un étonnant dialogue entre Antiquité et vie moderne. L’escalier monumental mène au mausolée de Dioclétien, transformé plus tard en cathédrale Saint-Domnius, dont le campanile roman domine toute la ville. Monter au sommet de la tour offre une vue à 360 degrés sur le port de Split, la colline de Marjan et les îles voisines, un repère idéal pour visualiser la géographie de la côte dalmate.

Les sous-sols du palais, longtemps comblés de gravats, ont été dégagés et restaurés, révélant un vaste réseau de salles voûtées qui reproduisent en négatif le plan de l’étage supérieur. Ces espaces servaient à la fois d’entrepôts et de fondations structurelles à l’ensemble palatial. Aujourd’hui, ils se visitent aisément depuis la Riva et abritent en partie un marché artisanal. Pour appréhender la puissance logistique de l’ancien Empire romain, rien de tel que de déambuler dans ces galeries fraîches, véritables coulisses de la vie impériale. Pensez à prévoir une heure pour une visite complète, audio-guide ou guide local permettant de mieux comprendre l’ingénierie de ce complexe classé à l’UNESCO.

La promenade du riva : front de mer longeant le port de croisière de split

La Riva constitue la carte postale contemporaine de Split : une large promenade piétonne bordée de palmiers, de cafés et de terrasses, qui s’étire entre le palais de Dioclétien et le front de mer. Directement face aux quais où accostent ferries et navires de croisière, elle offre une transition harmonieuse entre l’univers maritime et le centre historique. Le matin, on y croise les habitants prenant leur premier café ; en fin d’après-midi, la promenade devient un véritable salon à ciel ouvert, animé par les musiciens de rue et le va-et-vient des voyageurs.

Pour les passagers en escale courte, la Riva est un repère précieux : de là, vous pouvez rejoindre en quelques minutes les principales attractions de Split, du marché vert à la cathédrale, sans risque de vous perdre. C’est également l’endroit idéal pour observer l’animation portuaire, repérer les bateaux de ligne vers les îles de Hvar, Brač ou Vis, ou tout simplement profiter d’un coucher de soleil sur la baie. Comme un balcon ouvert sur l’Adriatique, la Riva résume en quelques centaines de mètres ce mélange de douceur de vivre et de dynamisme urbain qui fait le charme de Split.

La colline de marjan : parc forestier dominant la baie de split

À l’ouest de la vieille ville, la colline de Marjan forme une péninsule boisée qui s’avance dans la mer. Souvent comparée au « poumon vert » de Split, elle culmine à un peu plus de 170 mètres et offre de multiples sentiers de randonnée, belvédères et ermitages troglodytiques. Accessible à pied depuis le centre en une vingtaine de minutes, Marjan constitue une excursion idéale pour prendre de la hauteur sur la ville et admirer, d’un seul regard, le port, les îles au large et les montagnes de l’arrière-pays. Les points de vue aménagés, notamment celui du télégraphe, permettent de prendre des photos panoramiques spectaculaires.

Les croisiéristes disposant d’une escale de journée complète peuvent consacrer deux à trois heures à cette escapade nature, à condition de prévoir de bonnes chaussures et de l’eau, surtout en été. Marjan est également apprécié des coureurs et des cyclistes locaux, ce qui en fait un lieu privilégié pour ceux qui souhaitent maintenir une activité physique pendant leur voyage. Au détour des sentiers, de petites chapelles et des vestiges d’ermitages rappellent que la colline fut longtemps un lieu de retraite religieuse. Entre ville, mer et forêt, Marjan illustre parfaitement l’alliance entre patrimoine et nature qui caractérise les plus belles escales de l’Adriatique.

Trogir et solin : excursions culturelles depuis le terminal maritime

Depuis le port de Split, il est très facile de rejoindre deux autres sites majeurs de la Dalmatie centrale : Trogir et Solin. Trogir, située à environ 30 kilomètres à l’ouest, est accessible en bus, en excursion organisée ou parfois en bateau depuis Split. Cette petite ville insulaire, reliée au continent par des ponts, est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO pour son exceptionnel état de conservation. Ses ruelles étroites, sa cathédrale Saint-Laurent dotée d’un remarquable portail roman et ses maisons patriciennes en pierre blonde lui confèrent une atmosphère vénitienne très marquée. Pour une journée de croisière, combiner Split le matin et Trogir l’après-midi permet de parcourir plus de mille ans d’histoire architecturale en quelques heures.

À l’est de Split, Solin (l’ancienne Salone romaine) offre une autre facette de l’héritage antique de la région. Capitale de la province romaine de Dalmatie, la cité abrite les ruines d’un vaste amphithéâtre, de thermes, de remparts et de basiliques paléochrétiennes. Moins fréquentée que le palais de Dioclétien, elle permet une immersion plus calme dans l’archéologie croate, avec des espaces d’interprétation bien conçus. Les compagnies de croisière proposent souvent des excursions combinant Split et Solin, particulièrement appréciées des amateurs d’histoire. Si vous aimez imaginer la vie quotidienne dans une capitale provinciale romaine, cette visite complémentaire enrichira considérablement votre escale.

Hvar et les îles de l’archipel dalmate central

Au large de Split, l’archipel dalmate central s’organise autour de quelques îles majeures – Hvar, Brač, Vis et les Pakleni – qui figurent parmi les escales les plus prisées des croisières en Croatie. Les navires de taille moyenne peuvent mouiller au large ou accoster dans certains ports, tandis que les plus grands bâtiments utilisent des tenders pour débarquer les passagers. Hvar, souvent présentée comme la « Saint-Tropez croate », conjugue patrimoine historique, vie nocturne animée et paysages marins d’exception. Les croisiéristes y trouvent un équilibre rare entre découverte culturelle, activités balnéaires et plaisirs de la navigation.

La ville de hvar : port de plaisance et forteresse španjola surplombant la baie

La ville de Hvar se développe en amphithéâtre autour de son port de plaisance, protégé par une jetée bordée de palmiers et de façades Renaissance. Dès l’arrivée en bateau, la silhouette de la forteresse Španjola, perchée sur la colline, attire le regard. Construite au XVIe siècle pour protéger la ville des attaques ottomanes, elle offre aujourd’hui l’un des plus beaux panoramas de l’Adriatique centrale, embrassant la ville, les îles Pakleni et, par temps clair, les contours montagneux de la côte dalmate. L’ascension, d’environ 20 à 30 minutes par un sentier pavé à travers les pins, est accessible à tous avec un minimum de condition physique.

Au pied de la forteresse, la grande place Saint-Étienne constitue le cœur battant de Hvar. Encadrée par la cathédrale, le théâtre municipal (l’un des plus anciens d’Europe) et des palais nobles, elle ouvre sur le port comme une scène ouverte sur la mer. Les cafés et restaurants y sont nombreux, mais les prix peuvent être plus élevés qu’ailleurs dans la région, reflet de la popularité de la destination. Pour profiter de la ville sans la foule, privilégiez les débuts de matinée ou la fin de journée, quand les excursionnistes repartent et que l’ambiance se fait plus douce. Vous aurez alors tout le loisir de flâner dans les ruelles en escaliers, de découvrir de petites églises baroques et d’observer, depuis les remparts, l’animation du port de plaisance.

Les îles pakleni : mouillage prisé et criques turquoise accessibles en tender

Face à Hvar, les îles Pakleni forment une myriade d’îlots rocheux recouverts de pinèdes, séparés par des chenaux aux eaux incroyablement translucides. Véritable paradis pour les plaisanciers, cet archipel est régulièrement inclus dans les excursions proposées aux passagers de croisière, que ce soit en bateau-taxi, en kayak de mer ou à bord de petites vedettes affrétées pour l’occasion. Les criques de Palmižana, Ždrilca ou Vlaka sont particulièrement appréciées pour la baignade, la plongée avec tuba et les déjeuners les pieds dans le sable dans une konoba traditionnelle.

L’accès aux Pakleni dépend cependant de la durée d’escale et des conditions météo, la mer pouvant être plus agitée certains jours. Comme pour tout mouillage préservé, il convient de respecter quelques règles élémentaires : ne pas piétiner les herbiers de posidonies, limiter l’utilisation de produits solaires non biodégradables et veiller à ne laisser aucun déchet derrière soi. Si vous rêvez de vous sentir, l’espace de quelques heures, comme sur un yacht privé au milieu d’un lagon, une escapade vers les Pakleni fera sans doute partie de vos souvenirs les plus marquants de croisière en Croatie.

Stari grad : plus ancienne colonie grecque de l’adriatique et plaine de pharos

Sur la côte nord de l’île de Hvar, Stari Grad (littéralement « vieille ville ») offre un visage plus calme et plus traditionnel que la vibrante Hvar-ville. Fondée au IVe siècle av. J.-C. par des colons grecs de l’île de Paros, sous le nom de Pharos, elle est considérée comme l’une des plus anciennes cités de l’Adriatique. Son centre historique, organisé autour d’un petit port en forme de fjord, se compose de ruelles pavées, de maisons de pierre aux volets pastel et de places ombragées où se succèdent cafés et ateliers d’artisans. Plusieurs compagnies de croisière fluvio-maritime ou de petite capacité y font désormais escale, profitant de la taille plus modeste du port.

À l’arrière de la ville s’étend la plaine de Stari Grad, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Cet ensemble agricole, structuré par un réseau de parcelles rectangulaires délimitées par des murets de pierre sèche, conserve encore aujourd’hui le tracé cadastral mis en place par les colons grecs. Vignes et oliviers y sont cultivés selon des méthodes traditionnelles, offrant un paysage culturel rare, quasi inchangé depuis plus de deux millénaires. Des visites guidées permettent de comprendre l’ingéniosité de ce système agraire antique et d’y déguster des vins locaux, notamment le bogdanuša et le plavac mali. Pour les croisiéristes en quête d’authenticité, Stari Grad constitue une parenthèse hors du temps, à mille lieues de l’effervescence des grands ports.

Brač et la plage de zlatni rat : excursion balnéaire depuis hvar

Située en face de Split, l’île de Brač est facilement accessible depuis Hvar ou depuis le continent par des liaisons régulières en ferry et en bateaux rapides. Les itinéraires de croisière intègrent souvent Brač sous la forme d’une excursion à la journée, centrée sur la célèbre plage de Zlatni Rat, près de la ville de Bol. Cette langue de galets blancs qui s’avance dans une mer turquoise est l’une des images les plus emblématiques du tourisme croate. Sa forme évolue légèrement au gré des courants, ce qui lui vaut parfois le surnom de « corne d’or » en mouvement. Les eaux y sont particulièrement claires, idéales pour la baignade, le snorkeling et les sports de glisse.

Au-delà de Zlatni Rat, Brač mérite aussi une exploration plus approfondie pour ses carrières de pierre blanche, utilisées notamment dans la construction du palais de Dioclétien et, dit-on, de certains éléments de la Maison-Blanche à Washington. Les villages intérieurs, comme Pučišća avec sa tradition de tailleurs de pierre, offrent une perspective différente sur la vie insulaire. Si votre compagnie propose une excursion combinant baignade à Zlatni Rat et visite culturelle, vous aurez ainsi un aperçu complet de cette île aux multiples facettes. Pensez toutefois à vous protéger du soleil, particulièrement intense sur cette plage exposée, et à réserver transats ou équipements nautiques si vous voyagez en haute saison.

Korčula : cité médiévale fortifiée et berceau présumé de marco polo

Au sud de Hvar, l’île de Korčula se distingue par sa ville du même nom, souvent surnommée la « petite Dubrovnik » pour ses remparts, ses tours et ses toits de tuiles orangées. Le port de croisière, situé à courte distance de la vieille ville, permet un accès direct aux fortifications et aux ruelles en arête de poisson, conçues pour canaliser le vent et protéger les habitants des intempéries. Selon la tradition locale, Korčula serait le lieu de naissance de Marco Polo, le célèbre explorateur vénitien, bien que cette affirmation soit encore débattue par les historiens. La maison supposée de sa famille se visite néanmoins, ajoutant une dimension romanesque à la découverte de la ville.

Korčula séduit par l’harmonie de son urbanisme médiéval, la richesse de ses églises et la douceur de son front de mer, bordé de cafés et de restaurants aux terrasses ombragées. La cathédrale Saint-Marc, dotée d’un superbe portail sculpté et d’un campanile offrant un panorama remarquable, constitue le point culminant de la visite. De nombreuses compagnies organisent aussi des spectacles de moreška, une danse traditionnelle du sabre mettant en scène le combat de deux rois pour l’amour d’une princesse, rappelant l’importance des rituels populaires dans l’identité insulaire. En toile de fond, les collines couvertes de vignes rappellent que Korčula produit également d’excellents vins blancs, comme le pošip et le grk, que l’on peut déguster dans les konobas de la ville ou lors d’excursions œnologiques dans l’intérieur de l’île.

Rovinj et la péninsule istrienne : escales vénitiennes de l’adriatique nord

En remontant vers le nord de l’Adriatique, la péninsule istrienne offre un paysage et une ambiance différents de la Dalmatie méridionale. Rovinj, ancienne possession de la République de Venise, en est l’un des joyaux les plus emblématiques. Sa vieille ville, construite sur une presqu’île dominée par l’église Sainte-Euphémie, évoque irrésistiblement les villages de la lagune vénitienne, avec ses maisons colorées resserrées autour du port de pêche. Les navires de croisière mouillent généralement au large, les passagers rejoignant la rive en tender, ce qui permet d’admirer la silhouette de Rovinj depuis la mer, comme un décor de théâtre posé sur l’eau.

Les ruelles pavées qui grimpent vers l’église offrent un concentré de charme méditerranéen : ateliers d’artistes, galeries, petites boutiques et escaliers donnant sur la mer se succèdent dans un labyrinthe pittoresque. Depuis le parvis de Sainte-Euphémie, la vue s’étend sur l’archipel de Rovinj, composé de 14 îles et îlots, ainsi que sur la côte istrienne couverte de forêts de pins. La région est également réputée pour sa gastronomie, mêlant influences italiennes et slaves : truffes blanches, huile d’olive de grande qualité et vins locaux accompagnent volontiers les produits de la mer. Pour les croisiéristes qui souhaitent varier les plaisirs, Rovinj peut être combinée avec une excursion vers Pula et son amphithéâtre romain, ou vers l’arrière-pays istrien, ponctué de villages perchés comme Motovun ou Grožnjan.

Zadar et l’orgue marin : innovation acoustique et patrimoine croate

Située au cœur de la Dalmatie du Nord, Zadar occupe une position stratégique le long des routes maritimes adriatiques. Son port de croisière, proche de la vieille ville installée sur une presqu’île, permet un accès rapide aux principaux sites d’intérêt. Ancienne capitale de la Dalmatie, Zadar combine un riche patrimoine antique et médiéval avec des installations contemporaines audacieuses, en particulier sur son front de mer. Ces dernières décennies, la ville s’est engagée dans une revitalisation architecturale qui en fait aujourd’hui l’une des escales les plus originales de la côte croate, à la croisée de l’histoire et de la création artistique.

L’orgue de mer de nikola bašić : installation architecturale harmonique sur le front de mer

Inauguré en 2005 et conçu par l’architecte croate Nikola Bašić, l’orgue de mer (morske orgulje) est devenu l’icône contemporaine de Zadar. Cette installation se présente sous la forme de larges marches en pierre blanche descendant dans la mer, sous lesquelles sont dissimulés 35 tuyaux d’orgue de différentes longueurs et diamètres. Le mouvement des vagues, en comprimant l’air dans ces conduits, produit une gamme de sons harmonisés qui varient en fonction de l’intensité et de la direction de la houle. Le promeneur, assis sur les marches, se retrouve littéralement enveloppé par une mélodie générée par la mer elle-même.

L’orgue de mer se situe à quelques minutes à pied du quai où débarquent les passagers de croisière, ce qui en fait une visite facile à intégrer, même lors d’une escale courte. En fin de journée, l’endroit devient un véritable amphithéâtre naturel, où habitants et visiteurs viennent écouter cette musique aléatoire et contempler le coucher de soleil que Alfred Hitchcock qualifiait déjà, dans les années 1960, de plus beau du monde. Plus qu’une simple curiosité, l’orgue de mer symbolise la capacité de Zadar à renouer avec la mer après les destructions de la Seconde Guerre mondiale, en transformant son littoral en espace public à la fois poétique et accessible.

La salutation au soleil : dispositif photovoltaïque et spectacle lumineux nocturne

Juste à côté de l’orgue de mer, Nikola Bašić a imaginé une seconde installation spectaculaire : la Salutation au Soleil (Pozdrav Suncu). Il s’agit d’un cercle de verre de 22 mètres de diamètre, composé de 300 modules photovoltaïques intégrés dans le sol. Pendant la journée, ces cellules captent l’énergie solaire ; à la nuit tombée, elles alimentent un programme lumineux qui transforme la surface en immense mosaïque de couleurs. Les motifs, en constante évolution, évoquent tantôt des constellations, tantôt des ondes et des spirales, dialoguant visuellement avec le chant de l’orgue de mer tout proche.

Pour les passagers de croisière qui restent à Zadar après le coucher du soleil, assister à ce double spectacle son et lumière est une expérience à ne pas manquer. L’esplanade devient alors un lieu de convivialité où familles, couples et groupes d’amis se retrouvent pour marcher sur cette surface lumineuse, prendre des photos ou simplement s’asseoir au bord de l’eau. La Salutation au Soleil illustre parfaitement la manière dont la Croatie parvient à conjuguer innovation technologique et valorisation touristique de son patrimoine maritime. En un seul lieu, vous découvrez une ville capable de transformer son front de mer en scène artistique, sans rien perdre de son authenticité.

Le forum romain de zadar et l’église Saint-Donat : témoignages de la dalmatie antique

En retrait du front de mer contemporain, le centre historique de Zadar conserve des vestiges impressionnants de son passé antique. Le forum romain, aménagé entre le Ier siècle av. J.-C. et le IIIe siècle apr. J.-C., s’étend sur une vaste esplanade où l’on distingue encore les fondations de temples, de portiques et de bâtiments administratifs. Certaines colonnes ont été réemployées, au fil du temps, comme poteaux de supplice ou symboles de pouvoir municipal, témoignant des multiples vies de cet espace urbain. La place est aujourd’hui un lieu de passage et de détente, où l’histoire se devine autant qu’elle se lit sur les panneaux explicatifs.

Dominant le forum, l’église Saint-Donat, bâtie au IXe siècle, est l’un des monuments préromans les mieux conservés de Croatie. Sa forme circulaire massive, posée en partie sur les substructions du forum, crée un dialogue saisissant entre architecture byzantine et héritage romain. L’intérieur, sobre et acoustiquement remarquable, accueille régulièrement des concerts de musique médiévale et classique, renforçant l’impression de remonter le temps. À proximité se dressent également la cathédrale Sainte-Anastasie, le musée archéologique et plusieurs clochers offrant des vues panoramiques sur la vieille ville et le port. En quelques rues seulement, Zadar rassemble ainsi plus de deux mille ans d’histoire, du forum antique aux installations artistiques du XXIe siècle, faisant de cette escale une synthèse captivante de tout ce que l’Adriatique croate a à offrir.